Comment se prémunir de la mauvaise haleine ? - Nouvelle Page Santé

Mauvaise haleine, ce que personne n’ose vous dire…

Chers amis,

« Refouler du goulot », « puer du bec », « avoir une haleine de chacal »…

Toutes ces expressions imagées pourraient prêter à rire… si ça n’arrivait qu’aux autres !

Le souci, c’est que nous avons souvent mauvaise haleine sans nous en apercevoir.

Comment se prémunir de ce désagrément pas vraiment glamour ?

Voici quelques clés bien utiles pour ne plus voir vos interlocuteurs faire un pas en arrière lorsque vous leur parlez d’un peu trop près.

C’est pas moi, c’est elles !

Les grandes responsables de la mauvaise haleine (ou halitose), et plus généralement des odeurs corporelles, sont les bactéries.

Ce n’est pas forcément une question d’hygiène.

On peut être irréprochable dans la salle de bain et avoir une haleine fétide.

Seule l’hygiène dentaire peut être remise en cause dans certains cas.

Les bactéries qui vivent dans la bouche sont chargées de dégrader les débris alimentaires et de recycler les vieilles cellules, ce qui conduit à la formation de gaz volatils odorants.

Surveillez également l’état de vos gencives. Si elles saignent facilement ou sont douloureuses, il faut traiter l’inflammation car au-delà de la gêne occasionnée cela conduit presque toujours à une mauvaise haleine.

Les caries sont également une cause fréquente.

Le Streptococcus mutans est la principale bactérie impliquée dans les pathologies bucco-dentaires.

Par conséquent, premier conseil : brossez-vous les dents deux fois par jour afin d’éviter la prolifération bactérienne et la plaque dentaire.

Complétez l’opération avec l’usage d’un fil dentaire et de brosses interdentaires.

Ajoutez une goutte d’huile essentielle de tea-tree ou de citron, aux propriétés assainissantes, sur la brosse une fois par jour maximum.

Vous pouvez aussi faire un bain de bouche au bicarbonate alimentaire. Rien de plus simple : une cuillère à café dans un verre d’eau, gargarisez-vous et rincez-vous bien la bouche avec cette potion magique.

Cependant, ce protocole ne suffit pas toujours à éliminer la source des odeurs désagréables.

Je mange, donc je sens

En effet, bien souvent, la mauvaise haleine n’est pas due à une hygiène bucco-dentaire déficiente.

Certains aliments favorisent la mauvaise haleine, car ils laissent une forte empreinte olfactive sur le palais et sur la langue.

Je pense à l’ail, à l’oignon ou au chou, qui dégagent des composés soufrés lors de la digestion, mais disparaissent ensuite. Le problème est alors ponctuel et n’a rien d’invalidant.

En revanche, un système digestif en souffrance peut entraîner des problèmes quotidiens.

Fermentation, dysbiose et putréfaction

Lorsque notre digestion provoque des fermentations ou des putréfactions en excès, on parle de dysbiose.

Il existe en effet deux grands types de bactéries dans votre microbiote :

  • les bactéries de fermentation qui utilisent les sucres comme carburant ;
  • les bactéries de putréfaction qui utilisent les protéines comme source d’énergie.

Ces deux types de bactéries doivent être équilibrés pour que tout se passe bien.

Tout déséquilibre (excès de putréfaction ou de fermentation) est source de problèmes digestifs et la dysbiose de putréfaction est aussi responsable de… la mauvaise haleine.

D’où vient la dysbiose de putréfaction ?

  • D’une alimentation trop riche en viande
  • D’un régime pauvre en fibres végétales
  • D’une insuffisance pancréatique
  • D’un recours répétitif aux antibiotiques

Quels sont les symptômes de la dysbiose de putréfaction ?

  • Ballonnements intestinaux, gaz malodorants
  • Haleine putride
  • Lourdeurs digestives
  • Renvois

En cas de dysbiose de putréfaction, réduisez votre consommation de viandes, augmentez vos portions de fruits et légumes, mettez votre système digestif au repos en faisant des monodiètes ou un jeûne intermittent.

Équilibrez votre flore intestinale avec des probiotiques.

Utilisez du charbon actif pour assainir vos intestins :

1 à 2 cuillères à soupe de charbon en poudre à diluer dans un grand verre d’eau, 3 fois par jour lors des repas, pendant 15 jours.

Si vous préférez le côté plus pratique des gélules, prenez 1 à 2 gélules deux fois par jour.

Attention : ne prenez le charbon qu’à distance de vos éventuels traitements, car le charbon absorbe toutes les substances y compris les composants de vos médicaments !

Autre point d’attention : les bactéries aiment particulièrement se nourrir de sucre.

Elles prolifèrent alors dans la bouche, entre les dents, mais aussi dans le côlon, ce qui déséquilibre fortement la flore.

Vous voilà avertis.

Haleine fétide ? Vous êtes peut-être malade

La prolifération des bactéries responsables de la mauvaise haleine survient parfois en présence d’infections ou de pathologies comme les ulcères d’estomac ou les cancers digestifs.

L’odeur est alors un signal de mauvaise santé à ne pas négliger !

En effet, dans un organisme sain, la bile sécrétée par le foie aide à éliminer les mauvaises bactéries.

Un foie malade, en revanche, ne s’en charge pas.

Les bactéries qui ne sont pas détruites provoquent alors une mauvaise haleine. Les composés volatils qu’elles dégagent sont exhalés par notre bouche lorsque nous respirons.

Il en va de même lors de maladies respiratoires (sinusite ou bronchite chroniques, par exemple).

Lors de ces pathologies, le fait de respirer par la bouche et l’accumulation de mucosités dans le nez ou les poumons favorise aussi le développement de bactéries responsables de la mauvaise haleine.

Forts de ce constat, des chercheurs ont tenté de savoir si les humains malades émettaient une signature olfactive particulière1.

Y compris des odeurs que notre odorat ne peut percevoir.

Pour ce faire, ils ont exploité l’odorat surdéveloppé des chiens, avec succès2 !

Ils ont démontré que les chiens entraînés à la tâche sont capables de détecter des odeurs caractéristiques de certaines maladies.

Ils peuvent aujourd’hui identifier les cancers du sein, du côlon ou du poumon rien qu’en reniflant l’haleine des patients.

Les chiens repèrent également les variations de sucre dans la sueur ou l’haleine de leurs maîtres diabétiques.

Dans ces cas précis, ces odeurs particulières ne sont pas forcément désagréables ou détectables pour l’Homme mais elles sont bien identifiées par les chiens et sont de précieux indices en matière de prévention ou d’identification d’un problème de santé.

Les chiens sont décidément nos amis les plus fidèles et les plus surprenants !

Mieux vaut prévenir que guérir : ça vaut aussi pour l’haleine

Après l’hygiène dentaire, le régime alimentaire est le second traitement préventif de la mauvaise haleine.

Qu’on se le tienne pour dit : une bonne digestion supprime la plupart des problèmes de mauvaise haleine.

Je rappelle au passage que la mastication est le premier facteur favorisant une digestion de qualité.

Alors ne gobez pas vos aliments, mastiquer longuement ! Votre plaisir à manger en sera décuplé.

Pour améliorer votre transit, quelques habitudes simples vous seront d’un grand secours.

  • Ces plantes ont des vertus assainissantes remarquables pour faciliter la digestion et rafraîchir l’haleine, preuves à l’appui3 : en fin de repas, croquez une baie de cardamome, des graines de fenouil ou d’aneth, quelques feuilles de persil, ou encore mâchez un peu de gingembre.
  • Pour éviter que votre bouche ne se dessèche, buvez beaucoup d’eau.
  • Misez sur le thé vert ! Des études comparatives4 entre la chlorhexidine (produit utilisé fréquemment dans les bains de bouche) et le thé vert ont montré que ce dernier présentait la même efficacité. Un bain de bouche au thé vert réduit en quelques minutes le nombre de Streptococcus mutans (la bactérie la plus incriminée dans les caries et les inflammations de la bouche.)
  • La mythique « Eau de Botot » (disponible en pharmacie), quant à elle, vous promet une haleine royale ! Elle doit son nom à son inventeur, Edme François Julien Botot, médecin du roi Louis XV, qui a vu dans cette préparation un moyen de préserver les dents de son souverain, tout en lui assurant une haleine compatible avec sa réputation de séducteur. Sa composition, presque inchangée depuis sa création, comprend de l’alcool et des essences naturelles de menthe, de cannelle et de clou de girofle. Versez quelques gouttes de la mixture dans un verre d’eau et rincez votre bouche avec.

Ces quelques conseils devraient vous permettre de garder une haleine fraîche sous votre masque FFP2 ! Vous en serez le premier bénéficiaire.

Profitez de ces moments de restrictions diverses pour prendre soin de vous.

Et vous, avez-vous une technique ou des secrets à partager pour prévenir une mauvaise haleine ? Utilisez les commentaires !

Portez-vous bien.

À bientôt,

Laurent des Éditions Nouvelle Page



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Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que Santé Nature Innovation pourra l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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LEFEVRE Maureen
LEFEVRE Maureen
1 mois il y a

BON DESCRIPTIF DE LA REVUE … COMPLET ET INSTRUCTIF … MERCI LAURENT.

Danièle
Danièle
1 mois il y a

Insuffisance pancréatique ! Un de mes amis avait mauvaise haleine, pas à fuir mais nettement perceptible. Il est mort d’un cancer du pancréas. Si il avait connu l’origine possible de ce problème d’haleine, il serait peut être toujours là.

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