L’ effet placebo, vous y croyez ? - Nouvelle Page Santé

L’ effet placebo, vous y croyez ?

chute de vélo

Chers amis,

Vous êtes un charlatan, et je le prouve.

Un petit enfant se fait mal en se tapant quelque part. On lui dit “montre-moi”. Il vous tend le bras, on regarde : il n’y a rien. Alors on fait un bisou à l’endroit de la douleur et on lui dit que ça va aller mieux.

Ça vous est déjà arrivé, n’est-ce pas ? Je vous l’avais dit, un charlatan ! 

Ou si vous préférez, effet placebo, tout simplement.

On sait bien que le bisou ne va pas réduire la douleur. L’enfant aussi le sait. Et pourtant, il y a de bonnes chances pour qu’il ait moins mal, ou qu’il ait l’impression d’avoir moins mal ce qui revient au même.

Pourquoi ? Mystère.

Bienvenue chez monsieur Placebo, un gentil magicien qui intrigue, ou énerve, beaucoup les scientifiques.

L’effet placebo ? De l’eau salée qui soulage comme de la morphine !

Le principe de l’effet placebo est simple : on exerce une action qui n’a, d’un point de vue scientifique, aucun effet sur un symptôme, une maladie, une douleur, etc. 

On observe pourtant, objectivement, un effet sur ce symptôme, cette maladie etc.

Exemple : pendant la Seconde Guerre mondiale, le professeur Beecher, médecin de l’armée américaine, fut confronté à des pénuries de morphine, pendant la remontée de la péninsule italienne. 

Il constata qu’injecter de l’eau saline (un mélange d’eau distillée et de sel) à des patients qu’il devait opérer, et qui croyaient recevoir de la morphine, avait un effet similaire

Ça existe vraiment ? On peut mesurer l’effet placebo ?

Oui.

Selon Beecher, auteur en 1955 de l’article fondateur “La puissance du placebo[1], 35 % des patients réagissent à un placebo de la même manière qu’à un traitement, quelle que soit la pathologie.

D’autres chercheurs ont critiqué les travaux de Beecher[2], estimant que l’effet placebo relevait d’un simple effet déclaratif : les gens qui ont reçu le placebo disent qu’ils vont mieux, mais ce n’est pas vrai !

Certes, l’effet placebo est particulièrement fort et fréquent pour les sensations de douleurs, ou d’autres maladies subjectives (anxiété, dépression). Mais des effets cliniques ont été mesurés dans des cas très variés : fréquence cardiaque, pression artérielle, niveaux observés de différentes hormones comme le cortisol, etc[3].

Dans certains cas, on est parvenu à expliquer scientifiquement l’effet placebo[4]. Dans la maladie de Parkinson par exemple, les patients recevant un placebo produisaient un pic de dopamine. L’augmentation de ce neurotransmetteur, apparemment générée par la simple conviction de recevoir un traitement[5], a pourtant été scientifiquement observée.

Plus étonnant encore (sans même parler de l’effet placebo sur les animaux, objet de moult débats) : l’effet placebo fonctionne même lorsque le patient sait qu’il prend un placebo[6]

Plusieurs études ont été réalisées aux États-Unis, pour des maladies aussi différentes que la colopathie ou les douleurs lombaires, dans lesquelles les patients recevant le placebo sont informés au préalable que le traitement qu’ils reçoivent est un placebo[7]… et ça marche quand même !

L’effet placebo : point de départ pour juger de l’efficacité des nouveaux médicaments

L’effet placebo ne date pas d’hier. Le mot vient du latin et signifie à peu près faire semblant pour faire plaisir. Ce terme a été utilisé dès le 18ème siècle par des médecins anglais, pour désigner des traitements sans effets réels.

De nos jours, l’effet placebo est officiellement reconnu par la science médicale moderne puisque tout test de nouveau médicament doit se faire selon le principe dit randomisé en double aveugle

Les patients sont divisés en deux groupes : un qui reçoit le nouveau médicament, un qui reçoit un placebo (un comprimé de cellulose ou une simple pastille de sucre). Ni les patients ni les docteurs ne savent qui reçoit quoi. Le test n’est valable que si l’effet du médicament est supérieur à l’effet placebo.

Autrement dit, la science ne reconnaît l’efficacité du médicament qu’après avoir neutralisé le biais positif de l’effet placebo

Toute l’industrie pharmaceutique applique ce principe.

Sommes-nous tous des menteurs, ou des fous ? 

Reconnaître l’existence de l’effet placebo, c’est admettre une part d’irrationalité, voire de magie, dans la façon dont notre corps réagit aux traitements qu’il reçoit. 

C’est reconnaître que notre cerveau est capable de nous guérir en partie, puisque dans le cas du placebo aucune substance n’agit, à part le patient lui-même.

Il y a un donc un effet psychologique, qu’on préfère appeler placebo, pour ne surtout pas aborder pleinement le sujet.

C’est amusant : appliqué au sport, ou aux affaires, on reconnaît volontiers l’importance de la confiance en soi, ou envers les autres, de la nécessité de se convaincre qu’on va réussir. 

Mais quand il s’agit de santé, et en particulier en France, on passe tout de suite pour un excentrique, ou un charlatan, lorsqu’on suggère que la médecine n’est pas seulement affaire de mathématiques et de chimie.

Tout de même, il doit bien y avoir une explication sérieuse ? 

Des explications plus ou moins rationnelles ont été formulées par les médecins, qui n’enlèvent rien au mystère. Elles justifient l’effet placebo par trois éléments, dits psychobiologiques[8].

  • Les attentes du patient : le patient veut être ou est déjà convaincu qu’il va guérir, et cette attente est renforcée par la prise du placebo.
  • Le contexte thérapeutique : en entrant dans un hôpital, un cabinet, etc., le patient guérit déjà, rassuré par son environnement. Ceci expliquerait que l’effet placebo soit notamment fort pour les interventions chirurgicales.
  • La relation médecin-patient : l’écoute du médecin, son charisme, la relation de confiance pour parler simplement, renforcent l’effet placebo[9].

Selon le médecin Jean-Yves Nau : « Les effets placebos sont bel et bien un élément de la pratique médicale courante et sont potentiellement actifs chaque fois qu’un patient entre dans un contexte thérapeutique ».

On parle pudiquement d’effet médecin[10], et l’efficacité thérapeutique de cet effet médecin a été validée par de nombreuses études[11].

Puis-je me soigner grâce à l’effet placebo ? 

Non, en ce sens que vous ne pouvez pas décider que l’effet placebo va vous guérir maintenant, tout de suite ce petit rhume qui traîne.

Mais si vous prenez conscience de cette dimension de votre rapport au soin, vous pouvez faire le nécessaire pour maximiser, en votre faveur, l’effet placebo.

Si vous avez compris les bénéfices d’un traitement et si vous y croyez, il a des chances d’être plus efficace. Pour cela, je vous conseille de  demander le plus d’explications possibles à votre médecin ou à votre pharmacien. Ne prenez pas un médicament pour le prendre, comme un bon élève.

La qualité de votre relation de confiance avec votre médecin influe sur l’efficacité du traitement. Cela semble assez évident, somme toute ? Mais alors si vous n’avez pas confiance en votre médecin, ou si vous trouvez vos échanges insatisfaisants, qu’attendez-vous pour en chercher un autre ? Être convaincu du talent de son médecin, c’est le premier pas vers la guérison !

D’ailleurs, l’effet placebo fait-il toujours du bien ?

Oui, car quand il fait du mal, on l’appelle effet “nocebo”. Dans ce cas, des personnes qui croient prendre une substance ou subir les effets de quelque chose développement des réactions pathologiques. On observe par exemple l’apparition de troubles chez des personnes habitant près d’antennes-relais téléphoniques ou d’éoliennes, avant même que les installations soient mises en service.

C’est d’ailleurs un sujet, l’électro-sensibilité, que j’aimerais aborder dans une prochaine lettre !

 

P.S. 

La question que vous pourriez vous poser aujourd’hui ?

À chaque fois que vous avalerez quelque chose, demandez-vous si vous pensez que cette chose va vous faire du bien, et pourquoi.

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que Santé Nature Innovation pourra l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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Maflor
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Maflor

Sujet très bien posé! Je désire apporter une autre dimension à la réponse. Le placebo est de l’ordre du miracle, toute proportion gardée, où l’on attribue à l’Au-delà un coup de baguette magique. Toutefois, le cosmos a ses lois, de plus en plus fines et subtiles. On voit bien au cours des siècles comment ces lois ont été mises en évidence, toujours déniées au début par la majorité, avant d’être acceptées et utilisées. Ainsi, l’effet placebo peut très bien passé par l’intermédiaire d’énergies qu’on n’étudie actuellement que dans des laboratoires, comme les énergies électromagnétiques et quantiques. Plus nous aurons des… Lire la suite »

delcuvellerie
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delcuvellerie

Bonjour Frédéric,
Pourquoi ne pas mettre les références de Joe Dispenza et son livre : Le Placébo, c’est vous.
Son travail est vraiment incroyable et porteur d’avenir.

Bien cordialement.

Grégory Delcuvellerie

Evelyne Auroux
Invité
Evelyne Auroux

Toujours mystérieux et intéressant, l’effet placebo ! Quant aux ondes électromagnétiques, mon frère s’en plaint régulièrement. Mais les moyens pour s’en protéger que l’on trouve sur internet sont-ils fiables (ces petits dispositifs que l’on place sur les plaques à induction ou les téléviseurs ) ?

wfrkcvNem
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The info is really useful.

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