Comprendre les différentes classes d’anti-inflammatoires - Nouvelle Page Santé

Comprendre les différentes classes d’anti-inflammatoires

Dans notre série sur l’inflammation, j’aimerais parler des anti-inflammatoires.

Nous avons vu que l’inflammation était un état de guerre, qui facilite la bataille, mais vous empêche de vivre en paix (exemple : la douleur vous empêche de bouger normalement).

Parfois, c’est une “bonne guerre”, que vous pouvez gagner.

Parfois, c’est une “mauvaise guerre”, une guerre civile, que vous ne pouvez pas gagner.

À partir des années 1950, l’industrie pharmaceutique a commencé à synthétiser des anti-inflammatoires pour atténuer les symptômes de l’inflammation (douleur, fièvre, emballement du système immunitaire).

Il existe deux familles d’anti-inflammatoires

  1. Les anti-inflammatoires stéroïdiens :
    1. naturels — cortisone et cortisol produites par notre corps ;
    2. glucocorticoïdes de synthèse efficaces plus ou moins longtemps — prednisone, paraméthasone, bétaméthasone, cortivazol, etc. ;
  2. Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS):
    1. AINS de synthèse — ibuprofène (Advil), aspirine, diclofénac (Voltarène), etc., mais pas le paracétamol qui n’agit pas sur l’inflammation ;
    2. AINS naturels à base de plantes — l’échinacée, la curcumine, l’harpagophytum, la reine-des-prés, le peuplier, le bouleau, le peuplier, la griffe-du-chat, l’encens, la myrrhe, la réglisse, le polygalas.

La découverte des anti-inflammatoires

Tout est parti de la cortisone, et de son dérivé, le cortisol.

La cortisone est une hormone naturelle qui régule l’inflammation, les défenses immunitaires et le métabolisme des sucres[1]. Le corps en secrète de petites quantités.

Le tournant s’est produit dans les années 1950, lorsqu’on a réussi à synthétiser des glucocorticoïdes (proches de la cortisone) beaucoup plus concentrés. La médecine s’est retrouvée avec le premier anti-inflammatoire puissant.

Ces effets sont nombreux :

  • il agit sur la douleur (analgésique) ;
  • pour faire baisser la fièvre (antipyrétique) ;
  • pour calmer la réaction allergique ;
  • pour baisser les défenses immunitaires (pour calmer les réactions allergiques et même éviter les rejets de greffe).

Les résultats étaient spectaculaires sur la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques, les chocs anaphylactiques (réactions hyper-allergiques), l’asthme et même certains cancers[2].

Les glucocorticoïdes sont utilisés par voie orale ou sous forme d’infiltration (comme les infiltrations dans les genoux atteints d’arthrose). Selon le glucocorticoïde utilisé, on peut avoir une efficacité allant de quelques heures à plusieurs jours.

La limite des anti-inflammatoires

Si ces anti-inflammatoires font taire les symptômes, ils ne règlent pas l’origine de la maladie…

Pour reprendre l’analogie de la guerre, l’anti-inflammatoire permet de lever l’état de guerre, mais les affrontements continuent, et la menace n’a pas disparu. C’est valable pour toutes les classes d’anti-inflammatoires.

Les anti-inflammatoires concentrés synthétiquement présentent de sérieux effets secondaires. C’est particulièrement vrai pour les glucocorticoïdes. Ces effets secondaires peuvent survenir en cas de traitement prolongé mais aussi, pour certains d’entre eux, dès le début du traitement.

On peut citer l’ostéoporose (os poreux), l’ulcère gastrique, la pancréatite, le diabète, la prise de poids, l’hypertension, le réveil de maladies (varicelle, tuberculose, toxoplasmose, hépatite) et les troubles psychiques (euphorie, confusion…)[3].

Pour ces raisons, les glucocorticoïdes ne sont prescrits que sous surveillance médicale rapprochée et pour une durée aussi courte que possible[4].

L’arrivée des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS)

Dans les années 1960, les laboratoires ont réussi à synthétiser des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS), moins dangereux.

Ce fut une immense révolution dans le traitement de la douleur au quotidien.

De nos jours, il existe des centaines de molécules différentes. Je vous invite à regarder la liste pour vous familiariser[5] : l’aspirine, l’ibuprofène et le diclofénac (Voltarène) ne sont que les plus connus.

Les AINS imitent la nature

Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) ont été trouvés dans la nature.

Vous savez déjà que l’aspirine (acide acétylsalicylique) a été synthétisé à partir l’écorce de saule blanc. La découverte date de l’Égypte antique[6]. Au passage, on retrouve la même molécule dans la reine-des-prés, le bouleau, le polygala[7].

Ils sont “proches” des anti-inflammatoires naturels issus des plantes, mais ils sont synthétiques et beaucoup plus concentrés.

Malgré tout, la plupart des AINS sont vendus sans ordonnance. D’ailleurs, les accidents sont nombreux chez des personnes qui mesurent mal le risque de ces médicaments puissants (2 000 morts par an rien qu’en Allemagne[8]).

En soi, je suis pour la liberté d’acheter des médicaments sans ordonnance, car ça oblige la population à s’informer. Autrement, trop de personnes considèrent que les médicaments en vente libre ne présentent aucun risque — avec les accidents que nous connaissons. Je ne peux que vous encourager à lire attentivement les effets indésirables et les contre-indications associés aux AINS.

À lire avant de prendre des AINS

Ce que vous pouvez déjà retenir, c’est que les AINS sont contre-indiqués en cas de :

  • insuffisance rénale ;
  • ulcère gastrique ;
  • hémorragie ;
  • varicelle ;
  • grippe chez l’enfant ;
  • grossesse et allaitement.

Les effets indésirables concernent essentiellement les systèmes gastro-intestinal (ulcères) et cardiovasculaire. Les AINS ont tendance à élever la pression artérielle (hypertension).

Et surtout, surtout… faites très attention avant d’associer deux AINS, notamment l’aspirine + un autre AINS[9].

D’ailleurs, l’aspirine est de moins en moins recommandée pour ces raisons.

Que penser de la décision de l’ANSES ?

L’ANSES déconseille les anti-inflammatoires en cas d’infection au coronavirus.

Je comprends cette décision dans le cas des médicaments AINS.

L’automédication à coup d’ibuprofène et d’aspirine a des conséquences : l’anti-inflammatoire masque les symptômes de l’inflammation et risquent de retarder la prise en charge du malade.

Mais est-il justifié de déconseiller également les anti-inflammatoires naturels, comme l’échinacée et la curcumine ?

N’oublions pas que les anti-inflammatoires naturels offrent d’autres bienfaits !

Le risque avec les anti-inflammatoires naturels est surtout théorique. Les médicaments sont beaucoup plus concentrés. Leur pouvoir anti-inflammatoire est donc bien plus élevé que celui des plantes.

De plus, les plantes contiennent d’autres composés susceptibles d’agir contre l’infection au coronavirus. Par exemple, l’échinacée et la curcumine ont des propriétés anti-infectieuses et anti-oxydantes[10].

La réglisse est anti-inflammatoire et immuno-modulante — elle peut donc calmer un système immunitaire qui s’emballe. Elle avait d’ailleurs montré son efficacité lors du SRAS en 2003[11].

Si l’ANSES déconseille les anti-inflammatoires naturels sans nuance, la population risque d’être privée de moyens naturels (et bon marché) de lutte contre les épidémies.

Je trouve ça dommage. C’est pourquoi j’ai pris le temps de rétablir la vérité sur les anti-inflammatoires.

Comme dit très justement le Dr Jean-Michel Morel au sujet de l’ANSES : “Il est vraiment dommage qu’en France il y ait un tel ostracisme envers les produits à base de plantes, et que l’on considère que c’est soit inefficace, soit négatif ou même toxique. On s’en méfie a priori alors qu’aujourd’hui la phytothérapie est arrivée à une maturité telle qu’on peut s’appuyer sur des éléments précliniques importants”[12].

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Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que Santé Nature Innovation pourra l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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Dufau
Dufau
3 mois il y a

Faut quand même dire DIRE ! que la France est depuis longtemps la championne de la défense non des malades, mais des compagnies pharmaceutiques qui obtiennent à force de corruption et de lobbying (tiens, faut aller voir Sud Radio, interview du Pr Perrone !) la suppression de TOUS les moyens possible de se maintenir en santé, parce que ce qui les intéresse, c’est de nous garder malades, puisque c’est la source de leurs profits pharamineux !!! on ne peut plus s’étonner de rien quand on a compris ça, ce n’est plus que de la stratégie

Dany
Dany
3 mois il y a

En France, l’on se dirige toujours et de façon très automatique vers ce qui rapporte du pognon. C’est désolant …

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