Antidouleurs : ils peuvent aggraver votre arthrose - Nouvelle Page Santé

Antidouleurs : ils peuvent aggraver votre arthrose

femme souffrant d arthrose

Dans un précédent article, je vous ai parlé du cercle vicieux des rhumatismes : la douleur incite à moins solliciter les articulations qui font mal, mais le manque d’exercice aggrave la dégradation des cartilages, et donc augmente les douleurs.

Je voudrais vous parler ici d’un autre cercle vicieux : celui des médicaments antidouleurs.

Il est malheureusement tout aussi simple à comprendre, et il peut avoir des conséquences tragiques.

  • Vos articulations vous font mal, tellement mal que cela vous gâche la vie au quotidien.
  • Du coup vous prenez des antidouleurs, prescrits par votre médecin ou achetés en pharmacie sans ordonnance (aspirine, ibuprofène, etc.).
  • Malheureusement, ces médicaments peuvent accélérer la dégradation de vos cartilages [1].
  • Ce qui conduit naturellement à aggraver vos douleurs.

Conséquence : vous devez augmenter le dosage des médicaments pour ressentir les mêmes bienfaits, et dans le pire des cas vous devenez littéralement dépendant à ces médicaments.

Aux États-Unis, les effets ravageurs des opioïdes, des antidouleurs très puissants mais aussi très addictifs, prescrits par les médecins quand les autres catégories d’antidouleurs ne font plus d’effet, ont provoqué la mort de plus de 70 000 personnes rien qu’en 2018[2].

En France, la situation est moins tragique, mais on recense déjà 4 décès par semaine[3].

De quels médicaments parle-t-on, et êtes-vous concernés ?

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (souvent abrégés AINS) sont une classe de médicaments extrêmement répandue.

Beaucoup d’entre nous en possèdent dans leur armoire à pharmacie et notre premier réflexe en cas de mal de tête ou de petite fièvre est d’en prendre un comprimé.

Les AINS incluent tous les dérivés de l’aspirine et de l’ibuprofène.

À noter que le paracétamol n’en fait pas partie.

Mais en plus d’être moins efficace, le paracétamol présente aussi des risques si on y fait appel trop régulièrement. C’est aujourd’hui la 1ère cause de greffe du foie pour hépatite grave aiguë en France, comme le confirme l’Agence nationale de sécurité du médicament elle-même[4].

Les douleurs articulaires figurent parmi les plus handicapantes et les plus pénibles. J’en veux pour preuve certains de vos témoignages :

« Je ne sors plus le soir car je suis trop fatiguée par les douleurs quotidiennes. »

« Mes douleurs articulaires se manifestent le plus intensément la nuit et m’empêchent de dormir ! »

« J’ai toujours mal aux lombaires et aux genoux, donc je ne peux pas me baisser ni plier les genoux. »

« Je souffre d’arthrose et de polyarthrite rhumatoïde depuis plusieurs années et ma vie est devenue comme un enfer. Les médicaments prescrits par les médecins ont de moins en moins d’effets sur la douleur et nuisent à ma santé. »

 

Il est évident qu’il faut combattre ces douleurs, et je ne fais pas partie de ceux qui attribuent une quelconque valeur morale ou psychologique au fait de souffrir.

Mais dans ce cas précis, je veux vous alerter sur les effets délétères, à moyen et long terme, de ces médicaments. En particulier dans le cas des rhumatismes (et quelle que soit la forme du trouble articulaire, ou de la douleur du dos, dont vous souffrez).

Ils traitent la douleur, pas la cause de la douleur.

Les AINS bloquent l’action d’une enzyme (la cyclo-oxygénase, souvent dite COX), qui intervient dans la chaîne de transmission de l’information entre l’inflammation et le cerveau.

Ils n’agissent que sur les effets de l’inflammation (pas sur la cause)

Comme notre cerveau ne reçoit plus l’information concernant l’inflammation, nous ne ressentons plus de douleur. C’est efficace pour masquer une douleur temporaire, liée à un épiphénomène, une infection bénigne, un mal de tête lié à trop d’alcool, une inflammation gastrique localisée, etc.

Mais malheureusement, ceux parmi vous qui souffrent de douleurs articulaires savent que ces douleurs sont persistantes. À la rigueur, les AINS peuvent vous aider lors d’une crise liée par exemple à l’humidité, ou à une activité inhabituelle qui a amplifié vos douleurs.

Mais pour combattre vos douleurs quotidiennes, ils ne vont servir à rien. Si ce n’est à cacher, artificiellement, pendant quelques heures, vos douleurs.

Après tout, ce n’est déjà pas si mal ? Erreur car elles ont de nombreux autres effets.

Attention si vous avez plus de 65 ans !

Des effets secondaires tout d’abord, comme tous les médicaments, mais peut être plus que la moyenne. Et comme ces médicaments sont d’un usage très courant, ces effets secondaires sont aujourd’hui très bien documentés.

“Les AINS peuvent être responsables de maux de tête ou de vertiges, d’effets indésirables digestifs plus ou moins graves (nausées, douleurs ou brûlures d’estomac, ulcère ou hémorragie du tube digestif), de réactions allergiques (éruption cutanée, asthme) et d’insuffisance rénale dans certaines circonstances rares.

Afin de limiter l’apparition des effets indésirables, notamment digestifs, les AINS doivent être utilisés à dose minimale efficace et pendant la durée la plus courte possible, en particulier chez les personnes âgées.”

Ces deux paragraphes sont directement tirés du Vidal, la Bible des médicaments. C’est vous dire si ces risques sont bien établis et si je ne cherche pas à vous alarmer inutilement.

Selon une étude anglaise, les AINS sont responsables de 30 % des hospitalisations résultant d’effets secondaires[5].

Comme le soulignait le Vidal, les risques sont plus élevés pour les personnes de plus de 65 ans : l’usage d’AINS chez les patients âgés multiplie par deux le risque de lésion rénale aigüe.

Les mécanismes sont d’ailleurs bien identifiés. En réduisant l’activité des COX, les AINS stoppent la production des prostaglandines. Or celles-ci ont d’autres rôles physiologiques, en dehors de la transmission de l’inflammation. Elles stimulent la sécrétion de mucus protecteur des parois des intestins, et régulent la production d’acide chlorhydrique.

C’est pour cette raison que des problèmes d’acidité gastrique et des ulcères de l’estomac sont souvent observés.

Quant à l’augmentation des risques de crise cardiaque, elle est encore mal expliquée, mais réelle. Une méta-analyse portant sur 446 000 patients conclut en ces termes peu équivoques[6] :

Quelle que soit la dose, et que le traitement soit suivi une semaine, un mois ou plus d’un mois, la prise d’un AINS est associée à une augmentation du risque d’infarctus.”  

Le comble : les AINS prescrits en cas d’arthrose pourraient détruire vos cartilages !

Concernant les rhumatismes, il y a un autre effet secondaire, et pas des moindres : les AINS accélèrent la destruction des cartilages !

Dans une étude publiée en 2005, basée sur les données de la Rotterdam Study, les effets de la prise de Diclofénac, un AINS banal, sur l’évolution de l’arthrose ont été mesurés par radiographie[7].

Chez 2 330 patients souffrant d’arthrose du genou ou de la hanche, le risque de voir l’arthrose augmenter, entre ceux qui avaient pris cet AINS pendant moins de 30 jours (voire pas du tout) et ceux qui en avaient pris pendant plus de 180 jours, était multiplié par deux pour la hanche et par trois pour le genou. Ceci incluait l’apparition d’arthrose dans l’autre genou ou l’autre hanche.

On comprend pourquoi ?

Oui. Les AINS perturbent la production des chondrocytes.

Les douleurs articulaires sont dues à l’usure et à l’inflammation des cartilages, dont le rôle est d’amortir le choc entre les os. Les cartilages sont essentiellement composés de collagène, la protéine la plus abondante dans le corps humain.

Pour pallier l’usure naturelle de nos cartilages, d’autres cellules, les chondrocytes, produisent en permanence des fibres de collagène. Sans elles, nos cartilages ne peuvent se régénérer.

En 2006, la Société internationale de recherche sur l’arthrose a tout simplement déconseillé l’usage d’AINS sur le long terme pour combattre les douleurs de l’arthrose[8].

Les AINS provoquent la destruction du cartilage articulaire, ce faisant accélérant l’arthrose, précisément la pathologie pour laquelle ils sont très communément prescrits.”

Mais alors pourquoi les médecins continuent-ils de prescrire ces médicaments dangereux, en termes d’effets secondaires, et à long terme dommageables pour la pathologie même qu’ils sont censés soigner ?

Le plus souvent parce qu’ils n’ont pas d’autres moyens médicamenteux notamment, de réduire efficacement et rapidement les douleurs.

Mais je fais quoi alors si j’ai mal ?

D’abord, je ne m’interdis pas d’avoir recours à des antidouleurs quand ma douleur est insupportable. Mais vous devez faire tout votre possible pour que ces prises de médicaments soient courtes.

Ensuite, à vous de développer votre stratégie anti-rhumatismes et antidouleurs.

Je vous ai déjà expliqué l’importance de pratiquer régulièrement des exercices pour activer et donc nourrir vos articulations (ici).

Dans un prochain article, je vous parlerai des plantes et des huiles essentielles qui peuvent vous apporter un vrai soulagement. Il en existe plusieurs dont il est prouvé scientifiquement qu’elles contribuent à l’amélioration de la santé de vos articulations.

Surveillez bien votre messagerie pour découvrir mes plantes préférées !

 

P.S. La question simple que je pourrais me poser aujourd’hui : y a-t-il certaines douleurs que je pourrais anticiper, voire supprimer, ou du moins réduire ?

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Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que les éditions Nouvelle Page pourront l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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isabelle Aureal
1 année il y a

Bonjour , moi j’ai 62 ans je souffre d’une sonpdilarthrite ankilosante d’épius l’âge de 20 ans . Donc les antidouleur je connais volta rainette. , cortisone . Depuis 2004 j’ai de la morphine et le traitement en perfusion pour ma maladie..En plus maintenant j’ai la phybromalgie . Malgré la perfusion je suis soulagée que 3 semaines , alors qu’elle a lieu toutes les 6 semaines .Si vous avez un miracle pour éviter tout ces médicaments. Répondez moi mreci

tiber
tiber
1 année il y a

j’aimerai lire des article aussi interessents que celui de ce jour traitant des troubles neuropathiques
Merci

Maurice
Maurice
1 année il y a

Bonjour,
Souffrant de douleurs articulaires suite à un goujerot très sévère et une neuropathie périphérique je souhaiterai avoir des solutions naturelles car je refuse de prendre des Ains car ils sont interdits dans mes pathologies donc du coup je souffre le martyre depuis mes 23 ans. J’ai déjà essayé plusieurs traitements naturels conseillés par des naturopathes et herbothérapeute. A ce jour aucun traitement naturel ne m’a apporté une diminution de mes douleurs.
Si vous avez des choses à me conseiller je serai ravie de les partager avec vous.
Cordialement.

Marquet
Marquet
1 année il y a

Bonjour
Lors de la conférence de ce mercredi sur  » le projet ARTICULATION « , Mr FRANCK GIGON nous a présenté  » sa petite merveille « qui s appelle ARTICULATION et O COMBIEN SURPRENANT c est la copie conforme d ARTILEGE DE CHEZ OLLISCIENCE !!
4 PRODUITS IDENTIQUES (boswellia,Vit C,GLUCOSAMINE et collagène ) et DOSAGES IDENTIQUES !
ET c est drôle : Olliscience est sa marque de référence en matière de complément …
Y A RIEN QUI VOUS DERANGE ???!!!!!!🤔🤔

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