Je suis un fervent défenseur de l’homéopathie, je préfère annoncer la couleur tout de suite car je me doute que ma lettre du jour va surprendre, voire sérieusement agacer certains d’entre vous.
L’oscillococcinum, vous connaissez ?
Je pense que c’est le cas, car c’est un remède phare du laboratoire Boiron et l’un des produits les plus rentables de cette société, voire du marché de l’homéopathie.
Vous êtes certainement très nombreux à en acheter quelques tubes en prévision des maux de l’hiver.
Malheureusement, je pense que, s’il est un remède homéopathique à ne surtout pas acheter, c’est bien celui-là.
Je vous explique pourquoi.
L’homéopathie, j’y crois !
Développée au 18e siècle par un médecin allemand, Samuel Hahnemann (1775-1845), l’homéopathie repose essentiellement sur deux principes.
Le premier, celui de la similarité, stipule que si, à haute dose, une substance cause certains symptômes, sa forme diluée peut servir de remède.
Le deuxième principe est celui de la dilution : plus la solution est diluée, plus elle est efficace.
Scientifiquement parlant, l’efficacité de l’homéopathie n’a jamais été officiellement prouvée… pourtant des millions de personnes dans le monde s’en disent pleinement satisfaits.
Cela n’empêche pas les détracteurs de rabâcher qu’il ne s’agit que d’un effet placebo.
On pourrait dire que ces détracteurs ont eu gain de cause puisque, depuis le 1er janvier 2021, plus aucun remède homéopathique n’est remboursé par la Sécu.
Cette décision m’avait révolté à l’époque, et me révolte toujours d’ailleurs…
Et pour cause : selon moi, il suffit de se pencher sérieusement sur les travaux du professeur Jacques Benveniste pour comprendre pourquoi et comment l’homéopathie est efficace.
Les expériences de ce scientifique de génie ont montré que l’eau serait capable de conserver le souvenir de molécules ayant été à son contact.
Mieux encore, l’eau conserverait alors également les propriétés de ces molécules « fantômes » alors même qu’il n’en reste plus aucune trace.
Je vous renvoie à mes lettres passées (ici et ici) sur les expériences de Jacques Benveniste pour approfondir le sujet, si le cœur vous en dit :
L’homéopathie, selon moi, ça fonctionne vraiment. Ça ne m’empêche pas cependant de remettre certaines choses en question…
Ce qui me chagrine : point n°1
Oscillococcinum est un médicament homéopathique traditionnellement utilisé dans le traitement symptomatique des états grippaux.
Si je reste fidèle à ma pensée, je n’ai aucune raison de critiquer ce traitement.
Pourtant, deux éléments font que je n’achète jamais d’Oscillococcinum.
Le premier est très simple : le principe actif dilué censé contrer les effets de la grippe n’existe pas.
Pour le comprendre, il faut remonter à l’origine de la création de l’Oscillococcinum.
Au début du 20e siècle, Joseph Roy, médecin homéopathe militaire, croit découvrir dans le sang de malades atteints par la grippe espagnole un micro-organisme qu’il nomme oscillocoque.
Roy prétend par la suite observer l’oscillocoque dans de très nombreuses pathologies.
Afin d’utiliser sa découverte à des fins préventives et curatives, il tente de cultiver ce nouveau germe dans le foie et le cœur des canards de Barbarie.
Ce sont les Laboratoires Homéopathiques Modernes, fondés en 1933 par René Baudry et Henri Boiron, qui commercialisent en exclusivité le nouveau traitement homéopathique ainsi obtenu sous le nom Oscillococcinum.
Le hic… c’est que l’oscillocoque n’existe pas.
Les observations de Joseph Roy n’ont en effet jamais été reproduites et le micro-organisme n’a jamais été identifié par la microbiologie moderne…
Ce que Joseph Roy a pris pour un nouveau microbe responsable de la grippe et de nombreuses infections n’était que des petites bulles d’air (en réalité la grippe est due à des virus).
Une fois cette information dévoilée, les Laboratoires Boiron ne feront d’ailleurs plus mention de l’oscillocoque et se contenteront d’évoquer sur la boîte que l’Oscillococcinum est un autolysat de foie et de cœur de canard.
Le foie et le cœur du canard de Barbarie provoquerait donc des symptômes grippaux chez les personnes en bonne santé ?
Je ne crois pas.
Je me demande donc comment le principe de « similarité », un des principes fondamentaux de l’homéopathie, pourrait dès lors s’appliquer…
Si quelqu’un à la réponse je suis preneur !
Ce qui me chagrine : point n°2
Si l’on admet que l’Oscillococcinum n’a rien d’un remède homéopathique, puisque son principe actif dilué (un autolysat de foie et de cœur de canard) est absolument absurde, le prix auquel il est vendu me semble pour le moins excessif !
Une boîte standard de 30 doses d’Oscillococcinum coûte environ 25 euros, ce qui est bien plus cher que les autres médicaments antigrippaux du marché.
Qu’est-ce qui justifie ce prix ?
Certains me diront que, malgré tout, le traitement fonctionne lorsqu’ils le prennent (c’est possible, je ne le conteste pas) mais une bonne tisane de thym au miel et au gingembre aura le même effet pour un coût bien moins élevé, n’est-ce pas ?
Il me semble que Boiron a fait de son traitement homéopathique le moins convaincant un must et que cela constitue en soi une forme de tromperie.
Alors je dis : l’homéopathie oui, mais le marketing purement mercantile, non.
D’autant que cela pourrait porter préjudice aux véritables remèdes homéopathiques qui n’ont pas besoin de cette mauvaise publicité.
Que pensez-vous de cette affaire ? Connaissiez-vous l’histoire aberrante de l’Oscillococcinum ? Répondez-moi en commentaire.

