Ne plus faire des selles un tabou - Nouvelle Page Santé

Ne plus faire des selles un tabou

Il est maintenant bien établi que la santé intestinale influe considérablement sur notre état général.

On évoque souvent l’importance du microbiote, mais on parle moins de ce que révèlent la forme, la couleur et la consistance de nos selles.

Disons-le, c’est un sujet un peu tabou.

Mais cela ne doit pas vous empêcher d’y prêter attention, et moi de vous en parler sans détours.

Connaissez-vous l’échelle de Bristol ?

Parfois, notre médecin ou notre naturopathe nous demande de décrire nos selles.

On se retrouve alors un peu gêné et souvent incapable de répondre précisément…

Pourtant, faire un compte rendu détaillé lui serait d’un précieux secours pour poser un diagnostic et choisir quel traitement serait adéquat.

La prochaine fois que vous vous retrouverez dans cette situation vous pourrez faire appel à l’échelle de Bristol.

Elle consiste en une classification simple de l’état de vos selles.

Voici comment elle se présente :

Le type 1

Il correspond à la constipation. Les selles sont très dures, ont une forme de petites boules difficiles à évacuer.

Le type 2

C’est la constipation légère. Les selles sont dures mais ont malgré tout une forme de saucisse grumeleuse. Elles sont également difficiles à évacuer.

Le type 3

Les selles sont bien moulées, en forme de saucisse, mais présentent quelques craquelures en surface. Elles sont considérées comme normales.

Le type 4

Identiques au type 3 mais sans craquelures. Ce sont les selles idéales.

Le type 5

Les selles sont molles, séparées les unes des autres et s’évacuent très facilement. Elles annoncent une tendance à la diarrhée.

Le type 6

Les selles ont une consistance pâteuse, parfois malodorantes. On parle déjà de diarrhée à ce stade.

Le type 7

Les selles sont liquides, malodorantes. Il s’agit là aussi de diarrhée, mais très probablement d’origine infectieuse.

Savoir interpréter l’échelle de Bristol

Les selles dures de type 1 et 2 correspondent à un état de constipation.

Il faut retenir qu’un transit normal représente au moins une selle par jour.

Si vous n’allez pas aux toilettes tous les jours, on peut déjà évoquer un début de constipation.

Ce n’est pas une évidence pour tout le monde. On pense souvent qu’aller à la selle deux ou trois fois par semaine est normal ou suffisant, mais il n’y a rien de plus faux. Si c’est votre cas, il faut d’abord commencer à mettre en place quelques mesures pour retrouver un transit quotidien (j’y reviens plus bas).

A l’inverse, les selles molles ou liquides correspondent aux types 5, 6 et 7 dans l’échelle de Bristol. Nous sommes sur le versant “mou” des selles.

Une diarrhée, même si elle est passagère et légère, doit vous alerter. C’est le signe que la digestion se passe mal ou qu’une bactérie vous fait des misères.

Lorsqu’une odeur nauséabonde vient s’ajouter à cela, il y a presque à coup sûr une infection virale ou bactérienne. Il faut alors agir rapidement.

Si la diarrhée persiste plusieurs jours, il ne faut pas hésiter à consulter son médecin et c’est encore plus vrai s’il y a de la fièvre, car cela peut être plus grave qu’on ne le croit.

Les autres signes à prendre en compte

Je viens de vous parler de la consistance des selles, mais d’autres observations doivent être faites pour poser le bon diagnostic.

Le cas des selles trop grasses

Si vos selles flottent et peinent à disparaître avec la chasse d’eau, elles sont probablement trop grasses. C’est le signe d’un excès de lipides dans votre alimentation ou d’une mauvaise digestion des graisses.

Cela est également le cas si vos selles sont de couleur claire.

Dans ce cas, le foie est souvent le responsable, songez alors à le drainer avec des plantes cholagogues ou cholérétiques (qui stimulent et régulent le flux biliaire). En plus de donner un petit coup de fouet à votre foie pour qu’il permette une meilleure digestion des graisses, elles soulageront les digestions lentes, la constipation (s’il y en a), les flatulences, et les ballonnements.

Je pense au boldo, au fumeterre, ou au romarin.

Faites infuser deux cuillères à café d’une de ces plantes dans 300 ml d’eau pendant une dizaine de minutes et boire 3 tasses par jour.

Je précise que l’usage des plantes cholagogues ou cholérétiques est contre-indiquée en cas de lithiase biliaire (calculs biliaires). 

Le cas des selles avec mucosité

Si vous constatez la présence de mucosités (sous forme de glaires) dans vos selles, cela peut être le signe d’une inflammation du côlon ou d’une infection bactérienne.

Il est recommandé d’en parler à votre médecin pour qu’il détermine la raison exacte de la présence de ces glaires.

Le cas des selles noires

Si vos selles sont noires cela peut être dû à la prise de médicaments ou de compléments comme du charbon actif ou des comprimés de fer.

Cela peut aussi être plus embêtant et révéler un saignement digestif, un ulcère, ou encore la présence de bactéries.

Il vous faudra aussi consulter un médecin pour savoir d’où vient le problème.

Si c’est du sang rouge vif que vous repérez, cela peut-être plus inquiétant.

Ce sang peut provenir d’hémorroïdes, ou être une manifestation du syndrome de l’intestin irritable (SII), mais dans les cas les plus graves il peut s’agir d’une diverticulite (petites hernies de la muqueuse intestinale où se forme un abcès) ou de signes évoquant un cancer de l’intestin.

A prendre très au sérieux donc.

Quelles mesures faut-il prendre en cas de constipation ?

Une alimentation trop pauvre en fibres est souvent responsable de la constipation, tout comme un manque d’hydratation, ou la sédentarité.

La prise de certains médicaments, le stress, l’anxiété ou la dépression peuvent également provoquer ce genre de trouble.

Résoudre la cause est par conséquent la première chose à faire pour retrouver un transit régulier.

On trouve essentiellement des fibres dans les fruits et les légumes, les céréales (complètes et semi complètes), les oléagineux (amandes, noix, noisettes etc.) et les légumineuses (haricots secs, lentilles, pois chiches etc.).

Ce type de fibres sont dites « insolubles ».

Ce sont les plus efficaces pour lutter contre la constipation mais elles ont un léger effet abrasif sur les parois intestinales.

En cas d’intestins fragiles mieux vaut vous en remettre aux fibres « solubles ».

Elles sont moins agressives et ont la particularité d’entretenir les bonnes bactéries qui constituent la flore intestinale1.

Vous les trouverez dans les fruits riches en pectine comme les pommes (sans la peau), mais aussi dans les courgettes, la patate douce, les graines de lin, l’avoine, l’orge, les graines de chia, les algues.

Le psyllium est également une excellente source de fibres solubles.

Les téguments (enveloppes) de graines de psyllium sont vendues sous forme de poudre, de flocons, ou de gélules.

On conseille généralement 10 g par jour, à prendre en une à trois prises avec un grand verre d’eau (au moins 300 ml).

Ne prenez pas de psyllium si vous souffrez de sténoses digestives de l’intestin ou de l’œsophage, et de fécalome.

Il faut également penser à prendre ses médicaments habituels deux heures avant ou deux heures après la prise de psyllium car cette plante peut diminuer l’absorption des médicaments.

Que faire en cas de selles molles ?

Sauf si vous venez soudainement de changer d’alimentation, les infections causées par des bactéries ou des virus sont la cause la plus fréquente de la diarrhée.

Mais cela pourrait aussi être dû à une hyperactivité de la thyroïde ou à la maladie de Crohn.

L’idée principale, dans ce cas, est de bien « nettoyer » les intestins de tout agent pathogène.

Quelques plantes sont particulièrement adaptées pour cela.

Certaines comme les feuilles de ronces ont des propriétés astringentes (elles sont riches en tanins). Elles vont tonifier les muqueuses intestinales, les resserrer et freiner la production de liquides.

Vous pouvez vous préparer une infusion et en boire trois tasses dans la journée.

Vous pouvez y ajouter un bâton de cannelle, qui a des propriétés anti-bactériennes et anti-inflammatoires2 3 puissantes.

Si les troubles persistent, pensez à l’huile essentielle de cannelle qui sera bien plus forte qu’en infusion.

En usage interne ou externe :

  • par voie interne, 1 goutte d’huile essentielle dans une cuillère à café d’huile végétale, et ce, jusqu’à 4 prises par jour ;
  • par voie externe, l’huile essentielle de cannelle ne doit jamais s’appliquer pure sur la peau car elle est très dermocaustique. Diluez-en quelques gouttes dans de l’huile végétale (d’amande douce ou d’argan par exemple), et massez-vous l’abdomen en décrivant des cercles.

L’huile essentielle de cannelle est très forte. Soyez donc toujours très prudent en l’utilisant.

Ne l’administrez jamais à un enfant de moins de 6 ans et bannissez-la si vous êtes enceinte ou allaitante, si vous souffrez d’ulcères ou d’inflammation avancés du système digestif.

L’argile vous sera également d’un grand secours. Il vous suffit de préparer ce qu’on appelle un « lait d’argile ».

Pour cela mettez une cuillère à soupe d’argile blanche ou verte dans un demi litre d’eau et laissez reposer toute une nuit. Le lendemain, buvez uniquement l’eau (l’argile sera tombée au fond de votre contenant).

Enfin, une cure de trois semaines de probiotiques comme la levure de bière vivante sera la bienvenue une fois votre diarrhée passée (vous pouvez vous en procurer en pharmacie). Cela permettra de rétablir votre flore intestinale.

La levure de bière est vivement déconseillée aux personnes immunodéprimées, aux personnes sous traitement immunosuppresseur et aux personnes suivant une chimiothérapie.

La levure de bière est riche en tyramine, une molécule qui peut causer une hypertension artérielle brutale lorsqu’elle est associée à cette classe d’antidépresseurs. Pour cette raison, elle est donc également contre-indiquée chez les personnes sous anti-dépresseurs à base d’IMAO. Voyez avec votre médecin si vous êtes concerné.

J’espère que tous ces conseils pourront vous aider.

Et vous, faites-vous attention à l’état de vos selles ? Répondez-moi en cliquant ici.

A bientôt,

Laurent des éditions Nouvelle Page

2.7 15 votes
Évaluation de l'article

Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que les éditions Nouvelle Page pourront l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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Anny
Anny
6 mois il y a

Bonjour, oui je fais attention à cela et votre lettre d’explication est très éclairante.
Les soucis des selles sont peu pris en compte par les médecins traitants.

Michel
6 mois il y a

Très intéressant comme sujets, parce que très utiles pour décodé tout nos soucis gastriques,
C’est clair et précis….( Mode d’emploi 👍)
Merci.

Zaninetti
Zaninetti
6 mois il y a

J’observe régulièrement mes selles et ça me permet de réajuster mon alimentation, mon hydratation et m’oblige à être moins sédentaire
Vos informations m’ont appris pourquoi mes selles flottaient, question que je le posaient depuis de c lustres
Merci à vous

LAFITTE
LAFITTE
6 mois il y a

Merci pour cette article très intéressant mais lorsque il y a constipation sévère malgré une alimentation riche en fibres avec apport hydrique sufgisant une alimentation saine biologique et de l’activité physique quelles peuvent en être les causes et les remèdes car les points que vous abordez sont relativement connus pour qui s’intéresse à la santé intestinale et la santé en générale ….

Jaja
Jaja
6 mois il y a

👍

MARIE CLAIRE DELPY
MARIE CLAIRE DELPY
6 mois il y a

Bonjour, très intéressant on ne parle jamais des selles effectivement mais l’intestin est très important. En ce qui me concerne je vais trois fois à la selle le matin, une fois au lever avec des selles normales, une deuxième fois mi-molles, mi-dures et la troisième fois liquide en général. Je ne comprends pas pourquoi…
Pouvez-vous m’instruire sur ce problème ?
Merci pour vos articles

LESAGE
6 mois il y a

pour moi les selles reflètent ce qui se passe à l’intérieur de mon corps donc j’y prête une attention particulière

LAFAY
LAFAY
6 mois il y a

Oui je fais attention à l’échelle de Bristol
Pourquoi souffre-t-on après défécation?

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