Des huîtres au réveillon : gare aux OGM ! – Nouvelle Page Santé

Des huîtres au réveillon : gare aux OGM !

Une bourriche d’huîtres au pied du sapin et je suis heureux.

Je m’en délecte dès que j’en ai l’occasion.

C’est-à-dire, lorsque c’est la saison : durant les mois en « r » (de septembre à avril).

Mais de nos jours, « il n’y a plus de saisons » , comme on dit.

Chacun veut pouvoir manger des tomates en hiver, des endives en été…

Il en va de même pour les huîtres.

Répondre aux désirs des consommateurs pousse certains producteurs à ne plus jouer selon les règles de la nature.

Quel qu’en soit le prix.

Les huîtres, des perles de la nutrition

Je consomme des huîtres pour le plaisir, mais aussi parce qu’elles sont de formidables alliées pour ma santé !

Il faut dire qu’elles ont tout pour elles.

Elles sont peu caloriques : 6 huîtres, c’est environ 52 calories.

Mais ne vous y trompez pas : vous tirerez autant de protides (acides aminés, peptides et protéines) d’une douzaine d’huîtres que d’un steak !

Un petit coup de fatigue ?

Le remède est tout trouvé : la taurine qu’elles renferment vous aidera à retrouver de l’énergie tout en réduisant votre stress.

En ce qui concerne les oligoéléments et les vitamines, on flirte avec le top : les huîtres sont source de vitamines D et B, de manganèse, de phosphore, d’iode, de fer, de cuivre et de zinc, indispensable pour une immunité à toute épreuve.

Les lipides qu’elles contiennent sont majoritairement des acides gras insaturés (oméga-3). Ils réduisent le taux de mauvais cholestérol et protègent contre les maladies cardiovasculaires.

Et rien ne se perd : on confectionne des compléments alimentaires reminéralisants à partir leur coquille.

Rien n’est plus délicieux que l’attente

La nature fait bien les choses.

À chaque saison son lot généreux de nouveautés gustatives, de fruits et légumes extraordinairement variés.

Pourtant certains consommateurs ne s’en satisfont pas.

Ils veulent toujours plus, tout le temps, à n’importe quel prix.

Les produits de la mer ne font pas exception.

Or, ils dépendent de cycles précis : durant les mois de juin, juillet et août, les huîtres sont en période de reproduction.

Elles restent bien sûr comestibles (elles sont alors laiteuses), mais ce n’est pas raisonnable.

Des producteurs peu scrupuleux vous répondront que malgré cette consommation estivale, on ne risque pas la pénurie d’huîtres.

Certes, mais est-ce sensé ?

Respecter les saisons, c’est respecter la terre et la mer qui nous nourrissent !

En été, tant d’autres coquillages sont, eux, propres à la dégustation : moules, coques, bulots, bigorneaux…

En attendant les huîtres !

Petits arrangements avec la nature

80 % de la consommation d’huîtres a lieu en hiver, notamment durant les fêtes de fin d’année.

Ce chiffre est plutôt rassurant.

Enfin pas pour tout le monde…

Pour que la consommation ne dégringole plus pendant la période estivale, l’Ifremer a joué au petit chimiste : il a créé l’huître triploïde1.

Étant donné que la plupart des Français, par goût ou par conviction, se refuse à manger des huîtres laiteuses, la solution était toute trouvée : une huître stérile !

Plus de laitance, plus de reproduction, le problème est réglé, et par ici les bénéfices !

Comme une majorité d’êtres vivants, les huîtres sont normalement diploïdes : elles contiennent 2 jeux de chromosomes.

Créées artificiellement en 1997 par l’Ifremer, et commercialisées en 2000, les huîtres triploïdes en contiennent 3, ce qui les rend stériles.

L’avantage est alors double : elles sont produites en 2 ans au lieu de 3, et le produit est plus attirant pour les consommateurs, car sans laitance.

Dans son laboratoire de La Tremblade (Charente-Maritime), l’Ifremer garde la main sur le parc de tétraploïdes qui permet de produire des huîtres triploïdes.

Aujourd’hui, entre 30 % et 50 % des huîtres vendues en France sont issues de cette production.

Huître modifiée vs huître naturelle : le match truqué ?

Fatalement, les ostréiculteurs qui élèvent des huîtres diploïdes sont dans la même situation que les agriculteurs vis-à-vis des semenciers.

Ils ont perdu leur indépendance : pour renouveler leur parc, ils doivent passer par des écloseries.

Alors, certes, leur produit est plus rentable économiquement puisqu’il se vend en toute saison, n’est-ce pas se tirer une balle dans le pied ?

Les consommateurs auront-ils encore le choix à plus ou moins court terme ?

Nous n’en sommes pas encore là mais Joël Labbé, sénateur du Morbihan avertit :

« Quant aux risques de contamination du milieu, ils ont longtemps été occultés, mais ils sont réels. La fertilité des triploïdes de seconde génération, huîtres issues du croisement entre des géniteurs tétraploïdes mâles et des femelles diploïdes, a tout de même été estimée à 13,4 % par l’Ifremer ! »

Sous-entendu : que se passerait-il si quelques huîtres tétraploïdes s’échappaient des écloseries ?

Le risque qu’un jour les huîtres diploïdes (naturelles) disparaissent n’est pas à négliger.

Quels risques pour votre santé ?

A priori ils sont minimes, pas de scandale à déplorer pour le moment.

Un point noir tout de même : aucun principe de précaution ni aucunes recherches sérieuses n’ont été menés pour évaluer les risques potentiels.

L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) s’est penchée sur le problème2, mais elle confirme qu’il existe peu de données pour se faire une idée précise des risques sanitaires, en particulier sur la capacité des triploïdes à accumuler les polluants maritimes.

L’Afssa recommande cependant d’étudier les capacités des huîtres triploïdes et diploïdes à bio-accumuler métaux lourds, bactéries et phycotoxines (toxines produites par les algues) et à les dépurer.

Dans l’attente des résultats, elle préconise un renforcement des contrôles sanitaires sur les zones de production d’huîtres triploïdes.

Interrogé par Inf’OGM, un responsable du comité national de la conchyliculture (CNC) avoue qu’à sa connaissance, aucun plan de surveillance particulier n’a été imposé.

Que faire ? Soutenez les producteurs responsables

Le petit monde ostréicole se déchire à ce sujet : il n’y a pas d’obligation d’étiquetage particulier à l’heure actuelle.

Le seul moyen de savoir si vos huîtres sont triploïdes ou non est de vous fournir chez les ostréiculteurs traditionnels.

Certains font la promotion de la marque « Huîtres nées en mer »3, une filière proche de l’ONG Slow Food, qui refuse les biotechnologies.

Les huîtres certifiées bio sont également une excellente option.

Elles sont soit sauvages soit issues d’élevages non triploïdes, qui, elles, sont exclues du cahier des charges du bio.

Vous l’avez compris, le choix de vos huîtres est un acte responsable.

Alors, pendant les fêtes, régalez-vous, mais rappelez-vous : il y a huître et huître…

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Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que Santé Nature Innovation pourra l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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Willemin Eric
Willemin Eric
1 mois il y a

Je ne comprends pas bien le problème.
Quelques  » échappées  » par définition stériles n’empêcheront pas le parc atteint de continuer à se développer normalement…
Ce n’est pas pour autant que j’approuve cette pratique !!
Encore une fois de plus, des ventes de consommables trafiqués distribués en douce…
Il y en a vraiment marre….
Gouvernements de pervers accrocs aux pots de vin !!

Robert
Robert
1 mois il y a

Bonjour,
J’ai une amie qui produit les huitres de la marque Gillardeau. Elle en produit toute l’année. Comment est ce possible car elles ne sont pas laiteuses pendant les mois sans ‘R’. Elle m’a expliqué qu’il suffit pour cela de refroidir les bassins et de faire croire aux huitres par ce procédé qu’elles ne sont pas en période de juin, ni juillet ni août. Elles ne sont pas triploïdes

Gattaca
Gattaca
1 mois il y a

Qu’est-ce que vous avez contre les OGM ? ne savez-vous pas que vous en êtes un vous- même ? Savez-vous vraiment ce qu’est un OGM ? pourriez-vous en donner une définition correcte ? J’en doute fort ! Savez-vous faire la distinction entre un OGM (tout organisme est GM s’il résulte d’une fécondation croisée) et ceux qui ont à subir une évaluation (drastique) car obtenu par transgénèse ? Pouvez vous citer un seul exemple de problèmes sanitaire ou environnemental qu’aurait pu provoquer quelqu’OGM mis sur le marché depuis 1994 ? On est incapable de leur attribuer ne serait-ce qu’un seul mal… Lire la suite »

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