Les réelles vertus de l'urine - Nouvelle Page Santé

Les réelles vertus de l’urine

Chaque été a ses petits rituels. Les repas qui s’éternisent dehors, les soirées où les moustiques semblent nous avoir choisis comme menu principal, les baignades en mer… et les conseils plus ou moins pertinents qui circulent de vacancier à vacancier.

Parmi eux, il en est un qui traverse les générations avec une étonnante longévité : « Fais pipi sur les piqûres, ça va te soulager. »

La scène est presque devenue un classique. Un enfant se fait piquer par une méduse. Un baigneur assure qu’il faut immédiatement uriner sur la brûlure. Un autre raconte que cela fonctionne aussi sur les piqûres de moustique. Un troisième jure que les pêcheurs le font depuis toujours après une piqûre de vive.

Mais derrière ces allégations, que dit réellement la science ? L’urine possède-t-elle des propriétés capables d’apaiser les piqûres estivales ? Ou sommes-nous face à l’une des plus célèbres légendes de vacances ?

L’histoire mérite qu’on s’y attarde.

Les moustiques : pourquoi l’urine ne calme pas les démangeaisons

Pour faire le tri entre le mythe et la réalité, réglons une fois pour toutes la question des piqûres estivales.

Paradoxalement, une piqûre de moustique n’est pas réellement provoquée par la piqûre elle-même.

Lorsque le moustique prélève du sang, il injecte une petite quantité de salive contenant plusieurs protéines. C’est cette salive qui déclenche notre réaction immunitaire.

Les cellules de la peau libèrent alors de l’histamine. Les vaisseaux se dilatent, la peau gonfle, démange et rougit.

L’urine ne possède aucun mécanisme connu permettant de bloquer cette réaction.

Si certaines personnes ressentent un soulagement, celui-ci est probablement lié à un simple effet placebo.

Voici la synergie que je recommande pour les piqûres (moustiques et autres insectes) : dans une cuillère à café d’huile de millepertuis ou de coco, mettez 3 gouttes d’huile essentielle de lavande aspic ainsi qu’une goutte de menthe poivrée. Efficacité garantie !

Guêpes, abeilles et frelons : une histoire de venin

Ce genre de piqûres est différent, car cette fois, un véritable venin est injecté sous la peau.

Chez l’abeille, le dard reste souvent planté. Chez la guêpe, il est retiré après la piqûre, permettant parfois plusieurs attaques.

Pendant longtemps, certains pensaient que l’urine pouvait neutraliser ce venin grâce à son acidité…

…Cette théorie est aujourd’hui abandonnée.

Le pH de l’urine varie énormément d’une personne à l’autre et ne permet pas de modifier efficacement un venin déjà diffusé dans les tissus.

Le geste le plus important consiste à retirer rapidement le dard lorsqu’il est présent, désinfecter la zone puis appliquer du froid afin de limiter l’inflammation.

La méduse : le mythe le plus célèbre de l’été

S’il existe une situation où la réputation de l’urine est particulièrement tenace, c’est bien la piqûre de méduse.

Pendant longtemps, des films, des séries télévisées et même certains guides touristiques ont popularisé cette pratique.

La réalité biologique est pourtant loin des fantasmes que l’on peut avoir.

Les tentacules des méduses sont couverts de milliers de cellules microscopiques appelées cnidocytes.

Chacune agit comme un véritable harpon miniature capable d’injecter instantanément du venin.

Après le contact, certaines de ces cellules restent intactes sur la peau et ne diffusent donc pas de venin.

Une chance ! Oui, mais l’urine peut déclencher leur activation…

Autrement dit, « le remède » peut parfois aggraver le mal.

Il en va de même avec l’eau douce et l’idée qui consiste à frotter avec du sable !

Mieux vaut rincer avec de l’eau de mer puis essayer de retirer délicatement les fragments de tentacules avec une pince à épiler.

Enfin, si vous en avez, appliquez du vinaigre de cidre ou du gel d’aloe vera, c’est très efficace.

La vive : lorsque la chaleur devient le meilleur antidote

La piqûre de vive est probablement la plus douloureuse.

J’en garde moi-même d’affreux souvenirs !

Invisible car enfouie dans le sable, elle possède des épines venimeuses redoutables.

Ici, la bonne nouvelle est que le venin est thermolabile.

Cela signifie qu’il est détruit par la chaleur.

Plonger rapidement le pied dans une eau comprise entre 40 et 45 °C permet souvent de soulager très nettement la douleur.

L’urine, en revanche, n’apporte aucun bénéfice démontré.

Une pratique vieille de plusieurs milliers d’années

L’idée d’utiliser l’urine comme remède n’est pas née avec les vacanciers modernes.

Les Égyptiens, les Grecs, les Romains et plusieurs médecines asiatiques lui attribuaient déjà de nombreuses propriétés.

En Inde, certaines pratiques de l’Ayurveda évoquent encore aujourd’hui l’amaroli, une forme d’urinothérapie dans laquelle l’urine est utilisée aussi bien en application locale que par voie orale.

Au Moyen Âge européen, les médecins observaient même l’aspect de l’urine pour établir leurs diagnostics. Sa couleur, son odeur et son aspect faisaient partie des rares indices dont ils disposaient.

Au fil du temps, on lui a prêté de nombreuses vertus comme celles de stimuler les défenses immunitaires, d’accélérer la cicatrisation, ou encore de calmer certaines maladies de peau.

Contrairement aux idées reçues, l’urine n’est pas simplement un « déchet ». Elle est le résultat d’un travail de filtration extrêmement sophistiqué réalisé par les reins.

Chaque jour, plusieurs centaines de litres de sang traversent ces véritables stations d’épuration naturelles. Les reins récupèrent l’eau, les minéraux et les nutriments utiles avant d’éliminer les substances dont l’organisme n’a plus besoin.

Le résultat est un liquide composé à près de 95 % d’eau. Les 5 % restants contiennent principalement de l’urée, de la créatinine, de l’acide urique, des électrolytes comme le sodium ou le potassium ainsi que de nombreuses autres molécules en faibles quantités.

Si la science peine à prouver les effets de l’urine sur certains troubles, les témoignages empiriques, eux, sont légion.

Voici ce que rapportent les personnes qui pratiquent l’urinothérapie.

En application externe, l’urine :

  • Désinfecterait les petites plaies ;
  • Traiterait efficacement les affections dermatologiques comme l’eczéma, la dermatite atopique, les mycoses, le psoriasis, l’acné ;
  • Aiderait à se débarrasser des otites et des conjonctivites (gouttes appliquées localement) ;
  • Soulagerait les douleurs articulaires et musculaires (en massage) ;
  • Calmerait les maux de bouche comme les gingivites ou les aphtes (en gargarisme).

Par voie interne, boire son urine permettrait de :

  • Prévenir les maladies. Les adeptes de l’amaroli comparent souvent cette pratique à la vaccination. Selon eux, l’urine provoquerait une réaction de l’organisme qui stimulerait les défenses immunitaires.
  • Agir contre de nombreuses maladies, les plus citées étant l’asthme, les problèmes de transit, les troubles du cycle menstruel, la fatigue chronique, les problèmes de circulation, les états grippaux.

Les remèdes populaires font partie de notre patrimoine.

Bien souvent, on y trouve un fond de vérité, et parfois une véritable panacée.

Concernant l’urine, les avis sont contrastés, même si certains bienfaits sont fréquemment rapportés.

La science n’explique pas tout. Si ça fonctionne, pourquoi se priver d’un remède naturel ?

En revanche, pour passer des vacances sereines, mieux vaut emporter une petite trousse de premiers secours plutôt que de compter sur la légende du pipi qui soigne.

Avez-vous des témoignages à partager au sujet des bienfaits de l’urine ?

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Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que les éditions Nouvelle Page pourront l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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