Dans l’ombre des huiles essentielles, les hydrolats séduisent un public de plus en plus large en quête de solutions naturelles, douces et polyvalentes.
Utilisés aussi bien en cosmétique qu’en accompagnement du bien-être physique et émotionnel, ils représentent une approche plus accessible et sécuritaire que l’aromathérapie, mais leur douceur d’action ne doit pas faire oublier leur efficacité remarquable.
Personnellement je suis fan !
Tout en douceur
Les hydrolats, également appelés eaux florales lorsque seules des fleurs sont distillées, sont obtenus au cours du même processus de fabrication que les huiles essentielles.
Lors de la distillation à la vapeur d’eau d’une plante aromatique, on récupère d’un côté l’huile essentielle et de l’autre l’eau de distillation chargée de molécules aromatiques hydrosolubles.
C’est cette eau qui constitue l’hydrolat.
Bien qu’ils contiennent les mêmes molécules actives que les huiles essentielles, les hydrolats présentent des concentrations beaucoup plus faibles.
Cette particularité leur confère un avantage majeur : ils sont beaucoup plus doux pour l’organisme tout en conservant de nombreuses propriétés thérapeutiques.
Les huiles essentielles nécessitent une utilisation prudente, notamment chez les femmes enceintes, les jeunes enfants, les personnes âgées ou les personnes souffrant de pathologies chroniques.
Une mauvaise utilisation peut provoquer des irritations, des réactions allergiques ou des interactions médicamenteuses parfois importantes.
Les hydrolats, eux, offrent une alternative beaucoup plus sécuritaire. Ils ne contiennent quasiment pas de substances irritantes et ne présentent ni contre-indications ni interaction connue avec les traitements médicamenteux.
Seuls certains hydrolats issus de plantes riches en phénols, comme la cannelle ou la sarriette, nécessitent davantage de précautions lors d’une application sur la peau ou les muqueuses (il faut les diluer avec de l’eau).
Une action globale
L’hydrolathérapie est souvent qualifiée d’holistique car elle agit à la fois sur le corps physique et sur l’équilibre émotionnel. Les naturopathes parlent d’une action sur le « terrain », c’est-à-dire sur l’équilibre global de l’organisme plutôt que sur un simple symptôme.
C’est une approche plus progressive et globale sur laquelle on peut miser sur le long terme.
Par exemple, l’hydrolat de carotte sauvage peut accompagner naturellement la régulation de la tension artérielle, alors que l’huile essentielle ne conviendrait pas pour un usage prolongé.
Cette efficacité surprend parfois lorsque l’on connaît la faible concentration en principes actifs des hydrolats.
C’est mal connaître la complexité de leur composition que de les réduire à de simples eaux parfumées.
Lors de la distillation, la vapeur d’eau ne capture pas uniquement les molécules aromatiques volatiles. Elle entraîne également des minéraux, des oligo-éléments ainsi que certains composés hydrosolubles particulièrement intéressants. On retrouve notamment différents alcools aromatiques, des phénols, des oxydes ou encore des aldéhydes qui participent à leurs propriétés thérapeutiques.
Bien entendu, il ne faut pas oublier le rôle de l’eau dans les hydrolats.
Si l’on se réfère aux travaux sur la mémoire de l’eau effectués par Jacques Benveniste, Masaru Emoto ou Luc Montagnier, on en mesure toute la dimension.
Selon leurs recherches, l’eau, une fois en contact avec une substance, conserverait les propriétés de cette substance même si cette dernière ne s’y trouve plus.
Ainsi, selon ces théories, lors de la distillation, c’est « l’âme » de la plante qui serait en quelque sorte transmise à l’hydrolat.
Mes hydrolats coups de cœur
La liste est non exhaustive mais voici ceux que j’affectionne particulièrement :
- Pour les problèmes respiratoires : pin sylvestre, cyprès, thym, achillée, pour leur action assainissante et décongestionnante ;
- Pour les problèmes digestifs : basilic doux, menthe poivrée, marjolaine, ou romarin ;
- Pour les problèmes vasculaires : lavande vraie, fleur d’oranger (hypertension), bois de santal, cyprès (varices), achillée, nard (hémorroïdes) ;
- Pour la peau : nard (psoriasis), achillée (eczéma), camomille noble (inflammation, peau irrité, rougeurs), lavande vraie (acné), cyprès (peau grasse), bois de santal (peau sèche) ;
- Pour désinfecter plaies, coupures et égratignures : ciste ladanifère, tea trea, en pulvérisation ;
- Pour les soucis ostéo-articulaires : genévrier (arthrite, arthrose), laurier noble, bois de santal ;
- Pour bébé : camomille romaine. Elle agit sur les coliques du nourrisson. En massage sur le ventre ou le plexus solaire, ou une cuillère à café dans le biberon si c’est possible ;
- Pour apaiser la sphère émotionnelle : l’eau de rose en cas de choc émotionnel, de tristesse et de deuil. L’hydrolat de fleur d’oranger pour le stress et le trac. La verveine citronnée en cas de dépression nerveuse, de peurs et d’angoisse, de manque de joie. La nervosité et l’agitation mentale sont calmées par l’hydrolat de lavande officinale.
Une utilisation simplissime !
L’un des grands avantages des hydrolats réside dans leur simplicité d’utilisation. Ils peuvent être employés aussi bien par voie interne que par voie externe.
Par voie orale, les hydrolats sont souvent utilisés sous forme de cures. Il suffit d’ajouter une à deux cuillères à soupe d’hydrolat dans un litre d’eau à boire tout au long de la journée. Cette pratique est fréquemment recommandée pour soutenir les fonctions d’élimination, ou renforcer les défenses naturelles.
Faites une cure dure trois semaines, suivies d’une pause d’une semaine avant un éventuel renouvellement. Pour les déséquilibres émotionnels, certaines cures peuvent s’étendre jusqu’à quarante jours.
Par voie externe, les hydrolats remplacent avantageusement de nombreux cosmétiques conventionnels. Utilisés comme lotion matin et soir, ils nettoient la peau en douceur, éliminent les impuretés et apportent fraîcheur et hydratation.
En été, ils deviennent de véritables soins rafraîchissants capables d’apaiser les peaux abîmées par le soleil.
Ils peuvent également être appliqués directement sur les petites plaies, les irritations ou les rougeurs.
Les hydrolats trouvent également leur place dans la cuisine. Quelques cuillères d’hydrolat de romarin dans une salade de fruits, d’hydrolat de laurier dans une sauce ou encore de myrte dans l’eau de cuisson du riz permettent de parfumer délicatement les plats.
Incorporés dans l’eau de repassage, ils parfument délicatement le linge. Utilisés dans un humidificateur ou un diffuseur adapté, ils créent une atmosphère naturelle et agréable dans les pièces de vie.
Faites le bon choix
Pour profiter pleinement des bienfaits des hydrolats, il est toutefois essentiel de bien les choisir.
Beaucoup de produits vendus dans le commerce sont destinés uniquement à un usage cosmétique, ils ne conviennent donc pas pour soulager un problème de santé.
De plus, ils contiennent souvent des conservateurs susceptibles d’altérer leurs propriétés.
Un bon hydrolat doit idéalement être issu de l’agriculture biologique, pur, sans alcool ni parfum ajouté.
Le conditionnement joue également un rôle important. Les flacons en verre teinté protègent mieux les hydrolats de la lumière et limitent les échanges toxiques que l’on retrouve parfois avec le plastique.
Leur conservation au réfrigérateur est fortement conseillée afin de préserver leur fraîcheur et leurs propriétés actives. En général, un hydrolat thérapeutique se conserve entre six mois et deux ans maximum après ouverture.
Je vous donne quelques adresses où vous procurer des hydrolats de qualité en bas de page dans la rubrique « sources » de cette lettre[1].
Et vous, quels sont vos hydrolats préférés ?

