Hantavirus… le nouveau sujet qui fait l’actu dans les médias.
Voilà qu’un virus dont personne, hormis les spécialistes, n’avait jamais entendu parler se retrouve au cœur des inquiétudes.
Quelques cas ont été détectés à bord du navire de croisière MV Hondius, immobilisé après une série de décès et de contaminations suspectes.
Depuis, il ne se passe pas un jour sans qu’on suive, étape par étape, images inquiétantes à l’appui, l’évolution de cette affaire.
Toute cette agitation m’interpelle, pas vous ?
Est-on en train d’assister à un mauvais remake de la pandémie de COVID ?
Faisons le point.
La croisière ne s’amuse plus
Une croisière, un virus, un cluster, des morts, des évacuations, des cas contact, le retour des médecins de plateau télé, et bien naturellement quelques souvenirs désagréables qui remontent à la surface.
À défaut d’offrir un voyage de rêve à ses passagers, la croisière entre Ushuaïa et le Cap-Vert aura eu le mérite de nous faire découvrir un passager clandestin peu recommandable : l’hantavirus de la souche des Andes.
Selon les dernières données communiquées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sur 150 passagers, huit cas ont été recensés à bord du navire et trois décès sont malheureusement à déplorer.
Les symptômes observés sont sérieux : forte fièvre, troubles digestifs, fatigue intense, puis aggravation respiratoire rapide pouvant conduire à une pneumonie sévère et à un syndrome de détresse respiratoire aiguë.
Le navire a été placé sous contrôle sanitaire strict. Plusieurs pays ont rapatrié leurs ressortissants dans des conditions de biosécurité renforcée. Certains passagers sont soumis à une quarantaine de plusieurs semaines et à une surveillance médicale rapprochée.
Cela ressemble fort à une situation d’urgence sanitaire.
Que sait-on de ce virus ?
Tout comme le SARS-CoV-2 qui avait déclenché la crise du COVID, ce virus plutôt discret (jusqu’à présent) devient subitement l’objet de toutes les attentions.
Pourtant, le hantavirus n’est pas un virus nouveau. Il est connu depuis longtemps et appartient à une famille de virus transmis principalement par les rongeurs un peu partout dans le monde.
Les contaminations humaines surviennent généralement après inhalation de particules contaminées provenant d’urine, de salive ou d’excréments de rats ou de souris.
Selon l’Institut Pasteur, c’est une maladie relativement rare (une centaine de cas hospitalisés par an en moyenne en France)[1].
Dans l’affaire actuelle, le virus identifié serait la souche dite des Andes, une variante particulière originaire d’Amérique du Sud.
Cette souche attire particulièrement l’attention des chercheurs car elle est l’une des rares formes d’hantavirus capables de se transmettre entre humains (et non plus exclusivement de rongeur à humain).
Ce que pensent les spécialistes
La majorité des infectiologues et des agences sanitaires appellent aujourd’hui à la prudence sans tomber dans l’alarmisme.
Contrairement au coronavirus qui se transmet extrêmement facilement par aérosols dans la vie quotidienne, l’hantavirus des Andes nécessite des contacts rapprochés et prolongés, comme cela a été le cas sur le navire de croisière.
Ainsi, le risque de propagation comme une trainée de poudre au niveau mondial serait plutôt faible.
Néanmoins, certains spécialistes soulignent plusieurs points de vigilance :
- la mortalité potentiellement élevée des formes pulmonaires sévères ;
- les nombreuses inconnues autour de la souche des Andes ;
- la nécessité de remonter à la source du foyer épidémique ;
Une situation qui nécessite par conséquent un suivi constant.
Quant à l’OMS, elle assure que : « Ce n’est pas le début d’une pandémie »[2].
Une piqûre de rappel ?
Toutes ces informations devraient suffire à rassurer, pourtant cela n’empêche pas une petite musique de refaire surface.
Avant 2020, une flambée virale limitée à un navire aurait probablement suscité un intérêt médiatique beaucoup plus faible.
Aujourd’hui, chaque nouvelle alerte sanitaire est immédiatement interprétée à travers le prisme de la pandémie passée.
Sur France info, tout récemment[3], voici ce qu’on pouvait lire : « Hantavirus : la France est suffisamment équipée en masques et en tests, affirme la ministre de la Santé, après la confirmation d’un premier cas dans l’Hexagone. »
Il y a déjà eu deux réunions à Matignon pour faire le point sur la situation, avec le Premier ministre, les ministres de la Santé, de l’Intérieur et des Affaires étrangères, le directeur général de l’ARS d’Ile-de-France, ainsi que le directeur général de la santé.
« La priorité aujourd’hui est de briser les chaînes de transmission du virus », assure la ministre de la Santé, Stéphanie Rist sur France Inter…[4]
Un risque minime de pandémie donc, mais quelques informations anxiogènes diffusées ici et là.
De quoi installer dans les esprits une éventualité : une future et nécessaire campagne de vaccination contre l’hantavirus ?
Je pose simplement la question…
L’épisode du MV Hondius rappelle que les maladies émergentes restent une réalité dans un monde ultra-connecté où les déplacements internationaux facilitent la circulation des agents infectieux.
Entre communication officielle, inquiétudes légitimes et circulation massive d’informations plus ou moins fiables sur les réseaux sociaux, il devient parfois difficile de distinguer les faits établis des spéculations.
L’événement ravive chez beaucoup un souvenir encore très présent : celui de la grotesque crise du Covid-19.
C’est précisément pour cette raison qu’aux éditions Nouvelle Page, nous continuerons à suivre de près cette nouvelle affaire sanitaire afin d’informer nos lecteurs de façon indépendante, rigoureuse et sans sensationnalisme.
Restons vigilants et n’oublions jamais les tenants et aboutissants de la crise du COVID.
Que pensez-vous de ce remue-ménage médiatique ?
Pensez-vous qu’il y a derrière tout cela une arrière-pensée qui consiste à rappeler l’importance des campagnes de vaccination ?
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