Les mines de sel thérapeutiques d'Arménie - Nouvelle Page Santé

Les mines de sel thérapeutiques d’Arménie

Dans un ascenseur grillagé qui grince lentement dans la pénombre, casques vissés sur la tête, des visiteurs un peu particuliers descendent vers les profondeurs de la terre.

Direction : les entrailles d’Erevan, capitale de l’Arménie.

À 235 mètres sous la surface, un tunnel sombre creusé dans la roche saline débouche sur un lieu inattendu : Le Centre républicain de spéléothérapie, une clinique hors du commun où l’on soigne les problèmes respiratoires de façon traditionnelle et naturelle, depuis des décennies.

Un havre de paix… qui risque malheureusement de disparaître.

Une forme de thérapie hors du temps

Né en 1987, à l’époque de l’Union soviétique, ce centre a été aménagé dans d’anciennes galeries minières de sel gemme.

Sur plus de 4 000 m², les tunnels ont été transformés en espaces de soin et de repos.

Pendant des décennies, des milliers de patients y ont été accueillis gratuitement dans le cadre du système de santé public, notamment pour soigner leur asthme.

Aujourd’hui encore, l’expérience commence par une descente quasi initiatique.

Une transition symbolique entre le monde extérieur, saturé de pollution, d’allergènes et de stress, et un environnement radicalement différent.

Ici, tout est calme, empreint d’une certaine majesté, silencieux, minéral.

La spéléothérapie — du grec spḗlaion, « grotte » — repose sur une idée simple : certains environnements souterrains possèdent une atmosphère aux propriétés thérapeutiques.

Dans les galeries de sel d’Erevan :

  • la température reste constante (19–20 °C toute l’année)
  • l’humidité est stable
  • l’air est dépourvu de pollution, de pollen et de poussières

Selon la docteure Anush Voskanyan, qui travaille ici depuis l’ouverture :

« Les patients respirent un air pur, ionisé, riche en chlorure de sodium. Cet environnement est totalement différent de celui de la surface. »[1]

Les patients restent environ 5 heures par jour pendant 20 jours consécutifs, alternant repos, exercices respiratoires et activités légères.

Parmi les habitués, Armen Stepanyan, ingénieur de 63 ans, revient chaque année depuis que son asthme sévère lui est devenu insupportable, il raconte :

« Rien ne fonctionnait. J’ai essayé des sanatoriums, sans succès. Ici, j’ai enfin eu l’impression de retrouver une respiration normale. »

Dans les galeries, d’autres patients se reposent sur des lits alignés, certains pratiquent des exercices respiratoires, tandis que des enfants jouent au billard ou au tennis de table.

La scène pourrait sembler irréelle. Pourtant, elle repose sur une logique simple : recréer un environnement où les poumons peuvent fonctionner sans agression.

Voici une vidéo si cela vous intéresse : https://fr.news.yahoo.com/arm%C3%A9nie-clinique-anti-asthme-mine-113513450.html

Des effets encore débattus

Les médecins du centre mettent en avant plusieurs mécanismes potentiels :

  • diminution de l’inflammation bronchique
  • fluidification des sécrétions
  • réduction de l’exposition aux allergènes
  • effet apaisant sur le système nerveux

Cependant, selon la communauté scientifique, la spéléothérapie souffre d’un manque d’études cliniques à grande échelle.

Les partisans de la spéléothérapie assurent, de leur côté, qu’elle s’inscrit de longue date dans les traditions médicales en Europe de l’Est et dans l’ex-Union soviétique, où des environnements naturels comme les sources minérales et les sanatoriums de montagne ont été largement utilisés pour traiter des maladies chroniques.

Et voilà que le centre se retrouve aujourd’hui au cœur d’un débat plus large : quelle place accorder aux thérapies naturelles dans un système de santé moderne ?

En 2019, le gouvernement arménien a décidé de supprimer le financement public du centre, estimant que la méthode ne répondait pas aux critères de médecine fondée sur les preuves.

Résultat :

  • chute du nombre de patients
  • incertitude financière
  • menace de fermeture

Malgré des résultats probants, la clinique pourrait donc disparaître.

Un comble…

Dans le silence des galeries salines d’Erevan, quelque chose d’unique se joue : si cette cure fonctionne, pourquoi ne pas mener des recherches plus approfondies pour en comprendre les mécanismes ?

Pourquoi les thérapies naturelles sont-elles systématiquement marginalisées ?

Même si j’ai ma petite idée sur la question, je suis curieux de connaître votre point de vue.

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