Je vous ai tout récemment parlé de l’oligothérapie. Aujourd’hui, j’aimerais aborder un oligoélément en particulier…
Mais avant d’aller plus loin, prenez juste un instant pour répondre à ces questions :
Vos ongles présentent-ils de petites taches blanches ? Vos sens — goût et odorat — vous semblent-ils moins précis ? Avez-vous remarqué une chute de cheveux plus importante, ou une peau plus réactive ? Ressentez-vous une fatigue persistante, même après une nuit de repos ? Tombez-vous plus facilement malade qu’avant ?
Si plusieurs de ces signes vous parlent, il est très probable que votre organisme manque de zinc.
C’est grave, Laurent ?
« Grave » n’est pas le terme approprié… mais c’est sacrément embêtant !
Je vous dis pourquoi.
Discret… mais fondamental
Le zinc est présent en très petite quantité dans l’organisme — environ 2 à 3 grammes au total.
Il intervient cependant dans plus de 200 réactions enzymatiques !
Autrement dit, il participe à une multitude de processus vitaux[1] :
- fabrication de l’ADN et des protéines
- fonctionnement du système immunitaire
- protection contre le stress oxydatif
- cicatrisation des tissus
- maintien du goût et de l’odorat
- santé de la peau et des cheveux
Il est également impliqué dans la régulation de l’expression de certains gènes.
Un véritable chef d’orchestre !
Pourquoi tant de personnes en manquent aujourd’hui ?
Je ne vais pas tourner autour du pot : il est devenu difficile de maintenir un bon niveau de zinc.
Le café consommé en excès, l’alcool, certains traitements médicamenteux, le stress, un microbiote déficient, ou encore des intestins fragilisés en sont les principaux responsables.
À cela s’ajoutent d’autres facteurs : certains composés naturels présents dans les céréales complètes et les légumineuses, appelés phytates, piègent le zinc et empêchent son absorption.
Le zinc entre également en compétition avec d’autres minéraux comme le fer ou le calcium. Et dans cette compétition, il est souvent perdant.
Résultat : même avec une alimentation correcte, l’organisme peut se retrouver en déficit.
Dans certaines situations, une supplémentation peut donc s’avérer intéressante, voire essentielle, notamment en cas de :
- Âge avancé
Dès 50 ans, l’assimilation des nutriments se fait plus difficilement : la muqueuse digestive devient moins efficace, la sécrétion d’enzymes digestives diminue, l’acidité gastrique baisse. De plus, les seniors prennent souvent plusieurs médicaments qui rendent difficile l’assimilation des nutriments.
- Grossesse et allaitement
Les femmes enceintes ou allaitantes se retrouvent plus facilement en déficit de zinc. Une carence en zinc au cours de la grossesse augmente le risque de complications : naissance prématurée, malformation du système nerveux du nouveau-né…
-
Pleine croissance chez l’enfant et l’adolescent
La croissance représente une des périodes de la vie pour laquelle les besoins en zinc sont les plus élevés.
-
Régime végétalien ou végétarien
Les sources de zinc étant principalement animales et ce type de régime incluant beaucoup d’aliments riches en phytates, on comprend qu’un déficit peut vite se faire sentir.
Les personnes en surpoids, les fumeurs, les personnes alcooliques et les personnes souffrant de pathologies de l’intestin (comme la maladie de Crohn) ont également plus de chances de manquer de zinc.
Quelles sont les conséquences d’une carence ?
Les conséquences d’un déficit en zinc ne sont pas forcément spectaculaires, mais elles sont profondes.
Certains travaux scientifiques suggèrent même qu’un déficit chronique pourrait accentuer des troubles neurodégénératifs[2].
Rien de brutal. Mais une usure silencieuse.
Sans dramatiser, cela souligne une chose essentielle : le zinc est un pilier du vieillissement en bonne santé.
La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’agir efficacement pour reconstituer les réserves et ainsi relancer nos fonctions biologiques essentielles.
Mais encore faut-il savoir comment faire.
En premier lieu, mettez l’accent sur les aliments contenant beaucoup de zinc :
- Les huîtres (championnes absolues)
- Les fruits de mer et crustacés
- Les champignons (en particulier le shiitake)
- La levure de bière
- La viande rouge et les abats
- Le poisson
- Les œufs
- Les fromages affinés
- Les oléagineux, les graines (graines de courge, de tournesol, de sésame, noix, amandes…)
- Le germe de blé
Astuce essentielle pour les végétariens : Si vous consommez beaucoup de céréales et de légumineuses, il est important de réduire leur teneur en phytates.
Une méthode simple : faites-les tremper entre 4 et 12 heures pour que le processus de germination s’enclenche. Cela réduit considérablement la quantité de phytates. Jetez l’eau de trempage, puis rincez à nouveau avant la cuisson.
Se supplémenter correctement
Une supplémentation bien conduite peut véritablement changer la donne.
Une cure efficace repose sur la régularité et la qualité : l’objectif est d’apporter environ 15 mg de zinc par jour pendant une période de trois mois.
Chez certaines personnes — notamment les seniors, les personnes fatiguées ou fragilisées — cet apport peut être augmenté jusqu’à 30 mg, sous supervision médicale.
Le moment de la prise compte énormément. Le zinc est bien mieux absorbé à distance des repas, idéalement le matin à jeun. Il est également préférable d’éloigner les prises du café, des produits laitiers, et des médicaments.
Autre point essentiel : la forme du zinc.
C’est un détail qui change tout.
Certaines formes sont très mal absorbées par l’organisme. D’autres, au contraire, sont parfaitement assimilées. L’efficacité d’un complément dépend de sa biodisponibilité.
Le zinc bisglycinate est aujourd’hui considéré comme la référence. Il est lié à des acides aminés, ce qui facilite son passage dans l’organisme. D’autres formes comme le picolinate ou le gluconate peuvent également être intéressantes.
À l’inverse, les formes comme l’oxyde ou le sulfate sont peu efficaces.
Autre conseil d’importance : Attention à l’équilibre avec le cuivre.
Une supplémentation en zinc sur le long terme peut déséquilibrer un autre minéral essentiel : le cuivre.
Les deux entrent en concurrence dans l’organisme. Augmenter l’un sans l’autre peut créer un nouveau déséquilibre.
La solution est simple : privilégier des compléments qui associent zinc et cuivre.
C’est ce type de détail qui fait toute la différence entre une cure efficace… et une cure dont l’impact sera médiocre.
Prendre soin de sa santé ne passe pas toujours par des solutions complexes.
Parfois, il suffit de revenir à l’essentiel, de bien identifier ce que notre corps nous réclame et de bien choisir la façon de le satisfaire.
Alors, si certains signaux évoqués au début de ma lettre vous parlent… il est peut-être temps d’écouter ce que votre corps essaie de vous dire.
Saviez-vous qu’une cure de zinc peut corriger bon nombre de troubles communs ?
Avez-vous envie d’essayer ?

