Et si les maladies n’étaient pas des ennemies à combattre, mais des messages à comprendre ?
Et si, derrière toute une série de symptômes, se cachait une seule et même cause : la toxémie ?
Ce terme ne vous dit peut-être rien mais il est d’une importance capitale lorsqu’on parle de santé.
Il nous vient du Dr John H. Tilden, médecin américain et figure fondatrice de l’hygiénisme et de la naturopathie.
À contre-courant d’une médecine tournée vers le traitement symptomatique, Tilden propose une vision plus subtile de la maladie : toute pathologie serait l’expression d’un état d’encrassement de l’organisme, conséquence d’une accumulation progressive de toxines dépassant les capacités d’élimination du corps.
Dans son ouvrage de référence Toxemia, the basic cause of disease, il écrit :
« Ce que l’on appelle maladie n’est autre que l’effort de la nature pour éliminer des poisons du corps. »
La toxémie : une intoxication progressive de l’organisme
La toxémie désigne la présence de substances toxiques dans les cellules, la lymphe, le sang, les tissus et les organes.
Elle résulte d’un déséquilibre entre la production de déchets et les capacités d’élimination de l’organisme.
Ces déchets ont deux origines :
- une origine endogène, qui provient du fonctionnement naturel de notre organisme
- et une origine externe : alimentation, pollutions diverses, médicaments, stress, etc.
Lorsque tout se passe de façon optimale, les déchets sont évacués vers la lymphe et le sang, puis acheminés vers les émonctoires (foie, reins, intestins, poumons et peau) chargés de les transformer ou de les éliminer.
Le niveau d’intoxication dépend :
- de la qualité de la circulation sanguine et lymphatique,
- de l’efficacité des organes d’élimination,
- et plus largement, du bon fonctionnement des systèmes respiratoire, nerveux, musculaire, circulatoire et digestif.
Lorsque l’un de ces maillons faiblit (le foie par exemple), d’autres organes peuvent temporairement prendre le relais (la peau par exemple).
C’est un mécanisme d’adaptation remarquable… mais qui n’est pas payant sur le long terme.
Quand l’élimination ne suffit plus : du symptôme à la maladie
Tant que l’énergie vitale est suffisante et que les émonctoires fonctionnent correctement, la détoxination s’opère efficacement. L’état de santé est maintenu.
Mais lorsque le taux de surcharges dépasse les capacités d’élimination, on s’expose à différentes pathologies.
Le but est de ramener à l’équilibre, mais le souci, c’est que cela peut vite se transformer en pathologie(s) chronique(s).
On distingue quatre stades de toxémie :
- La toxémie primaire : la fatigue
La fatigue est le premier avertissement. Trop souvent banalisée, elle signale pourtant un début de dépassement du capital vital. Le corps réclame du repos, du ralentissement, parfois une diète. Ignorer ce message, c’est ouvrir la voie aux stades suivants.
- La toxémie secondaire : la maladie aiguë
Lorsque le seuil de tolérance est dépassé, l’organisme déclenche une crise aiguë d’élimination qui peut se traduire par de la fièvre, une inflammation passagère, des sécrétions bronchiques, une diarrhée, une éruption cutanée, etc.
Chez l’enfant, ces réactions sont souvent spectaculaires. Elles témoignent d’une force vitale élevée, capable de mobiliser rapidement les émonctoires.
Le rôle du repos est alors fondamental : repos physique, sensoriel, émotionnel, mental et digestif.
Le jeûne hydrique (jeûner en buvant de l’eau et du bouillon), chez l’adulte, et lorsqu’il est approprié et encadré, peut aider à remettre les compteurs à zéro.
- La maladie chronique
Lorsque les causes ne sont pas corrigées, les crises aiguës peuvent se répéter, avant que l’organisme n’entre dans un état de compromis : les symptômes persistent, atténués, mais de façon continue.
- La maladie dégénérative
Selon les naturopathes que j’ai interrogés, les conséquences d’années de surcharge non corrigées peuvent mener à troubles encore plus graves comme une altération dégénérative de certains organes. Parmi elles, on compte bien sûr les maladies neuro dégénératives mais aussi la DMLA, l’ostéoporose, l’emphysème, les dystrophies musculaires, la polyarthrite rhumatoïde, la fibrose progressive du foie, etc.
Le rôle central de l’alimentation
Une mauvaise alimentation est une des sources principales d’accumulation de toxines.
C’est le premier facteur à corriger et sans doute le plus facile, comparativement aux effets de la pollution ou à la prise régulière de médicaments par exemple.
Certains aliments favorisent la production de substances de type mucus (ce que les naturopathes appellent des « colles »).
Les principaux sont :
- les graisses animales et les graisses trans
- les lipides en excès
- les glucides raffinés (farines blanches, sucres)
- les féculents en excès
Quand ces déchets sont trop abondants pour être éliminés naturellement, ils peuvent entraîner des expressions symptomatiques de plusieurs types : glaires, eczéma suintant, acné, bronchite, sinusite, asthme, écoulements vaginaux…
Les aliments qui favorisent les déchets de type « cristaux » sont plutôt :
- les protéines animales
- les aliments acidifiants (alcool, café, thé noir, chocolat)
- les excès de sucre
Quand ils sont trop abondants, ils peuvent s’agglomérer et se calcifier au niveau des articulations ou former des calculs au niveau de la vessie, des reins ou de la vésicule biliaire.
Ils peuvent aussi se manifester par de l’eczéma sec, des rhumatismes, une sciatique, de l’arthrite etc.
On comprend mieux pourquoi il est primordial de privilégier une alimentation majoritairement végétale, biologique, composée d’aliments bruts, complets, consommés crus ou cuits à basse température.
Cela ne suffit pas toujours, car il faut aussi veiller à manger en respectant ses besoins réels en termes de quantité et de calories.
Drainer les émonctoires : accompagner sans forcer
Le meilleur moyen d’éviter l’accumulation des toxines est bien entendu de limiter les substances indésirables, mais aussi de donner de temps à autre un petit coup de pouce aux émonctoires.
Cela consiste à soutenir les éliminations, jamais à brusquer l’organisme.
Ce coup de pouce doit être doux, progressif, individualisé et limité dans le temps (souvent 2 à 3 semaines, au printemps ou à l’automne).
Peau, foie, intestins, reins, poumons, lymphe : chaque émonctoire peut être stimulé par le mouvement, la respiration, l’hydrothérapie, et certaines plantes.
Je vous donne quelques exemples à retenir :
- Éliminer les toxines via la peau : Pensez aux exercices physiques, au sauna, au hammam, aux bains chauds.
Le sauna stimule surtout les glandes sudoripares, ce qui le rend particulièrement efficace pour éliminer les déchets de type « cristaux » de l’organisme (urée, acide lactique, etc.). En cas de d’arthrite, d’inflammations diverses, de problèmes articulaires, de pathologies de la peau à réaction sèche (eczéma sec, par exemple), il sera préférable au hammam.
Le hammam, lui, stimule plutôt les glandes sébacées. Il permet de se débarrasser des déchets de type « colles ».
- Drainer le foie : Diminuez les laitages, les produits industriels, les viandes grasses, mais également le tabac, l’alcool et le café. Tournez-vous vers des tisanes de plantes amères comme le chardon marie, le radis noir, ou l’artichaut, les infusions d’aubier de tilleul. Pensez aussi aux jus de légumes bio.
- Drainer les reins : Limitez les protéines et le sucre, buvez des tisanes de pissenlit, d’ortie, de reine des prés, buvez le matin à jeun le jus d’un demi-citron dans un verre d’eau tiède, ou deux cuillères à café de vinaigre de cidre dans un demi verre d’eau tiède (à faire par cures de 3 semaines).
- Pour un drainage doux global : La sève de bouleau est idéale à la sortie de l’hiver pour détoxifier l’organisme après la saison des plats riches en calories. Ses actions diurétiques et drainantes relancent la circulation des liquides de l’organisme et facilitent leur évacuation. Commencez au printemps avec la sève fraîche qui a une action assez générale en matière de détoxification (même si elle cible plutôt les reins). Il est aussi possible de se mettre à la diète un certain temps ou de pratiquer le jeûne pour mettre les intestins au repos.
Toute détox doit être accompagnée de repos et d’une bonne hydratation et adaptée à votre état de santé.
Préserver la vitalité des émonctoires, respecter la force vitale, et surtout alléger la charge toxémique : voilà les piliers d’une santé durable !
Faites-vous régulièrement des cures de détox ?
Sentez-vous parfois que votre corps vous lance des signaux d’alarme ?
Donnez-moi vos impressions en commentaire.

