Quel retraité êtes-vous ? - Nouvelle Page Santé

Quel retraité êtes-vous ?

Comme toutes les grandes transitions dans la vie (l’adolescence, le mariage, les enfants, l’entrée dans la vie professionnelle), la retraite peut provoquer une sérieuse crise d’identité.

C’est un changement qu’il est important de bien préparer. 

Quand retraite rime avec déprime

Au début, Sophie était euphorique. 

Les premiers mois ont été partagés entre ses enfants et petits-enfants, qu’elle avait jusqu’alors l’impression de ne plus voir, de la lecture, des promenades et du temps pour ne rien faire. 

C’était l’été et il faisait beau. Elle était comblée.

Puis l’automne est arrivé et, me confie-t-elle : « J’ai éprouvé une vraie jouissance en voyant les autres aller travailler… ». Elle a commencé à ranger sa maison, et s’est délectée de séries télévisées interminables. 

Puis le vide s’est insinué. 

En appelant ses anciens collègues, elle s’est rapidement rendu compte qu’ils « n’avaient pas de temps pour elle ». Elle a disparu de leurs radars. 

L’hiver est arrivé et, sans but, sans projets, Sophie a plongé dans la déprime

Son cas est loin d’être isolé.

Retraite : crise majeure

De nombreux facteurs peuvent être bouleversants pendant cette période : l’arrêt d’une vie professionnelle riche et parfois épanouissante bien sûr, mais aussi la baisse des revenus ou la difficulté de partager son espace de vie au quotidien entre conjoints. 

Ces changements ont un impact tant sur le plan psychologique que familial, social ou relationnel. 

Pour certains, ils peuvent être vécus comme une « petite mort ». 

Être fusionnel avec son travail, comme en amour, fait prendre le risque de graves désillusions !

Retraité déprimé ou retraité hyperactif : lequel êtes-vous ?

L’angoisse de n’être « plus rien » peut aisément conduire à la dépression. Mais elle peut aussi conduire à une forme d’hyperactivité

Pour certains, l’inaction est ressentie comme une « absence de vie », l’équivalent d’une petite mort. S’agiter donne alors la sensation d’être vivant. 

C’est le syndrome du retraité qui en fait trop.

J’en reçois beaucoup en consultation. Ce sont ceux qui, me voyant approcher de la retraite, me mettent en garde : « Vous verrez, un retraité travaille plus qu’avant… ».

Leur vie se partage entre les petits-enfants, la réfection de la maison, la prise en charge des parents âgés, des engagements à n’en plus finir dans diverses associations…

Cette hyperactivité peut masquer un déni ou une fuite en avant face au temps qui passe. Elle peut aussi être le signe d’une peur du vide

Pour éviter de tomber dans l’un ou l’autre de ces écueils, il est utile de prendre le temps de laisser émerger sa nouvelle identité de « retraité ».

Laisser émerger sa nouvelle identité

Accepter le changement, ne plus être « le chef de », « le subordonné de » ou « l’ancien directeur de » pour adopter sa propre identité n’est pas toujours facile. 

Quelques mois avant le départ en retraite, une réflexion sur votre avenir s’impose. 

Posez-vous ces quelques questions (et prenez le temps d’y répondre !) : 

  • Comment vais-je organiser mon emploi du temps ?
  • Quelles activités, dont je rêve de longue date, puis-je envisager de réaliser (musique, sport, voyages…) ?
  • Quelle place vais-je laisser à l’autre à la maison ?

Vous faire accompagner

La thérapeutique homéopathique peut vous aider avec un médicament, Arsenicum album, qui correspond à l’angoisse du vide et à l’agitation qui la compense. 

Je le conseille souvent en 15 CH à raison de 5 granules le soir au coucher.

Apprendre enfin à vivre dans l’ici et maintenant

La meilleure façon de vivre ce temps libre est d’adopter la méthode de ceux qui méditent : la pleine conscience du moment présent. 

Vivre intensément tous les moments partagés en mettant de côté une nostalgie du passé qui n’existe plus et une inquiétude de l’avenir qui n’existe pas encore.

Il faut apprendre à être ce que l’on est, et non ce que l’on fait.

Cela se travaille. 

La retraite peut être un bon moment pour se mettre à la méditation, aux techniques de pleine conscience, et à tout ce qui peut permettre de se concentrer pleinement sur le présent. Vous pouvez faire du yoga, du Qi Gong ou de la marche dans les bois. 

Cela vous aidera à ressentir cette énergie qui est en vous et qui n’a besoin d’aucune agitation pour vous faire du bien.

Envisager une retraite active

Le pouvoir d’achat des retraités n’est pas à la hauteur des revenus générés par le travail. Certains, en plus, peuvent avoir à charge des enfants qui ne travaillent pas encore. 

Pourquoi ne pas profiter de vos acquis professionnels pour envisager une reprise partielle d’activité panachée de repos et de loisir ? Cela pourrait donner lieu à une période de transition plus confortable.

Repenser le territoire familial

La vie de couple peut également être affectée par la retraite : il arrive qu’un « conflit de territoire » apparaisse. 

Martine se plaint de Jean qui la suit partout, y compris derrière son dos dans la cuisine pour lui donner des conseils qui lui semblent déplacés. 

Comment régler ce conflit ? Respectez le territoire de chacun. Un espace de liberté implique des activités séparées. Il peut être gage de réussite en ce temps si particulier.

La retraite peut être un temps merveilleux où justement, vous avez enfin le temps de faire les choses. 

Profitez de ces moments privilégiés pour faire des rencontres, pour étirer les heures (vous qui en rêviez depuis si longtemps !). 

Et surtout, n’oubliez pas de pratiquer une activité physique régulière pour entretenir ce corps qui vous portera encore pendant de nombreuses années.

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Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que Santé Nature Innovation pourra l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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OLiete Marie-Hélène
OLiete Marie-Hélène
27 jours il y a

Lettre très intéressante,le 1ier octobre , ça fera trois ans que je suis à la retraite et je me suis un peu cherché,je crois que j’ai trouvée un certain équilibre,une petite ombre,le temps n’est pas le même,j’ai plus de temps et parfois ça me donne une impression de vertige.

Nadine
Nadine
27 jours il y a

Merci de parler de la retraite de cette manière. Personne n’en parle ni n’aborde la retraire sous ses vrais aspects terre à terre. J’ai 63 ans bientôt et je pourrais la prendre. Mais je compte bien travailler encore jusqu’à 67 ans au moins, pour avoir un revenu plus acceptable, soit 1350€ au lieu de 950 si je pars maintenant. Et j’ai déjà travaillé 42 ans à temps plein actuellement ! Fini le temps, comme mes parents qui sont partis avec une retraite équivalente à leurs salaires! Personnellement il y a plusieurs années que j’ai commencé à ressentir les changements physiques… Lire la suite »

bernard leclercq
27 jours il y a

Le problème pour un retraité, c’est d’avoir des centres d’intérêt,si on s’intéresse à rien c’est le vide et la descente aux enfers. En ce qui me concerne, le problème ne se pose pas car j’ai 2 jeunes enfants (femme bcp plus jeune), et comme ma femme pas souvent là, je joue au papa et à la maman( et à l’instit pendant le confinement), donc je ne vois pas le temps passer, d’autant que n’ayant volontairement pas de voiture, je marche bcp pour les courses. En fait je ne vois le temps passer qu’en regardant mes enfants grandir. J’ai cette chance… Lire la suite »

Dany
Dany
27 jours il y a

Chacun est différent devant la retraite. Cela dépend déjà de quelle manière la personne a vécu sa vie professionnelle passée. Je pense qu’il faut vivre sa retraite comme un gros plus. Prendre chaque jour que dieu nous donne avant la fin comme un bonus, quoique l’on fasse.

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