Pendant des générations, ils ont fait partie du paysage. Ces plombages gris, que des millions d’entre nous portent encore.
Ils ont longtemps été considérés comme une solution simple, solide et économique pour soigner les caries.
On les appelait communément des « plombages ».
Pourtant, contrairement à ce que laisse penser leur nom, ils ne contiennent pas de plomb. Il s’agit d’amalgames dentaires, constitués d’un alliage de métaux, notamment d’argent, d’étain et de cuivre.
Le tout lié par du mercure métallique.
En fait, ce dernier représente environ la moitié du matériau… Et c’est un véritable problème sanitaire, que l’on a malheureusement trop longtemps négligé.
Un paradoxe qui pose question
Le mercure est l’un des polluants les plus surveillés au monde. L’Organisation mondiale de la santé le classe parmi les substances chimiques présentant un problème majeur de santé publique[1].
Son impact sur le système nerveux et les reins est connu depuis longtemps.
Alors comment expliquer qu’un métal dont on connaît la toxicité ait pu rester pendant si longtemps dans la bouche de millions de personnes ?
Et surtout : pourquoi la France a-t-elle attendu 2025 pour tourner officiellement la page, alors que certains pays avaient commencé à abandonner les amalgames bien avant ?
La Norvège, par exemple, a pris cette sage décision en 2008, la Suède en 1999 !
Pour tout dire, je me pose la même question que le très controversé ministre américain de la Santé, Robert Kennedy Jr, qui a déclaré : « Il est inexcusable que des gouvernements du monde entier autorisent encore les composés à base de mercure dans les soins de santé alors qu’il existe des alternatives sûres ».
« Pourquoi avons-nous une double norme pour le mercure ? Pourquoi le qualifions-nous de dangereux dans les batteries, les médicaments en vente libre et le maquillage, mais acceptable dans les vaccins et les amalgames dentaires ? »[2]
Le problème du mercure
Il faut d’abord sortir d’un faux débat.
Dire que le mercure est toxique ne signifie pas automatiquement que toute personne portant un amalgame dentaire est intoxiquée et va tomber malade. Mais prétendre qu’un amalgame est totalement inerte et ne libère aucune substance serait tout aussi inexact.
Les autorités sanitaires françaises elles-mêmes reconnaissent que les amalgames peuvent libérer du mercure sous différentes formes. Des vapeurs peuvent notamment être émises lors de la pose ou de la dépose. Des particules peuvent également être libérées par l’usure du matériau et être ingérées.
Les travaux et recommandations internationales indiquent également que de très petites quantités de mercure peuvent être libérées au fil du temps, notamment lors de la mastication, du brossage des dents, de la consommation d’aliments ou de boissons chaudes et, selon les situations, du grincement des dents.
Mais les quantités ainsi libérées sont-elles suffisantes pour avoir des conséquences sur la santé ?
C’est ici que commence la controverse.
Le ministère de la Santé indique ainsi qu’aucune étude scientifique rigoureuse n’a permis d’établir un lien de causalité entre la présence d’amalgames et une pathologie générale chez les patients. Il reconnaît en revanche l’existence de rares phénomènes locaux d’intolérance ou d’allergie[3].
Cette conclusion n’a jamais satisfait une partie des chercheurs, des praticiens et des patients.
Car mesurer l’effet d’une exposition chronique à de faibles doses est particulièrement complexe.
Les individus ne réagissent pas tous de la même manière. Et surtout, nous ne sommes jamais exposés à une seule source.
Alimentation, environnement, activité professionnelle, pollution : l’organisme peut rencontrer le mercure sous différentes formes et par différentes voies.
Des études ont par ailleurs montré que le nombre d’amalgames dans la bouche est associé à une augmentation des concentrations de mercure dans l’organisme.[4]
L’urine, les selles, la salive et le sang, mais aussi les reins, l’hypophyse, le foie, le cerveau et même le placenta des futures mamans sont concernés.
Les dentistes et leurs assistants, qui ont longtemps été exposés quotidiennement aux vapeurs de mercure, payent aussi la facture[5].
Selon certaines études, ces soignants présenteraient un risque plus élevé de tumeurs cérébrales, notamment de glioblastomes[6],[7].
Pendant que la France tergiversait, la Scandinavie tournait la page
Les pays nordiques ont été parmi les premiers à remettre profondément en cause l’utilisation du mercure dans les produits courants.
Ces pays ont adopté une logique différente : en cas de substance polluante et toxique, si des solutions de remplacement existent et fonctionnent, pourquoi attendre la démonstration d’une catastrophe sanitaire pour agir ?
La réponse française a longtemps été plus prudente, mais aussi plus conservatrice.
L’amalgame possédait des qualités indéniables : il était solide, durable, relativement simple à poser et peu coûteux. Pendant longtemps, il a représenté une solution particulièrement intéressante pour traiter les caries.
Les matériaux alternatifs, notamment les composites, ont mis du temps à atteindre le même niveau de performance. Ils exigeaient aussi parfois davantage de temps de travail et une technique plus rigoureuse.
Autrement dit, abandonner l’amalgame ne consistait pas simplement à remplacer une petite pastille grise par une petite pastille blanche.
Il fallait modifier les pratiques, former les praticiens et s’assurer que les matériaux de remplacement étaient accessibles à tous les patients.
La question économique a probablement joué un rôle majeur dans la lenteur de la transition.
Un système de santé ne peut pas interdire facilement un matériau bon marché sans s’assurer que son remplaçant sera disponible et correctement pris en charge.
L’histoire des amalgames n’est donc pas seulement une histoire de toxicologie.
C’est aussi une histoire de coût, d’organisation des soins et d’accès aux traitements.
Faut-il faire retirer tous ses anciens amalgames ?
C’est probablement la question que se posent certains d’entre vous.
Et la réponse demande de la prudence.
Le fait que la pose de nouveaux amalgames soit désormais interdite dans la plupart des situations ne signifie pas qu’il faille faire retirer dans l’urgence tous ceux qui sont déjà présents.
Les autorités sanitaires françaises déconseillent le retrait systématique d’amalgames qui sont en bon état et bien tolérés. Elles rappellent notamment que les phases de pose et de dépose sont précisément celles au cours desquelles l’exposition au mercure peut être la plus importante.
Faire enlever plusieurs amalgames sans nécessité médicale pourrait donc avoir l’effet inverse de celui recherché si l’intervention n’est pas justifiée et réalisée dans des conditions adaptées.
Pour les personnes qui s’interrogent sur leur situation, le plus raisonnable est donc d’en discuter avec un chirurgien-dentiste et d’éviter les solutions expéditives.
Quelques mesures que vous pouvez prendre
L’intoxication aux métaux lourds est malheureusement assez courante dans nos sociétés modernes.
Les amalgames et leur mercure y participent, bien sûr, mais nous sommes aussi exposés au plomb, au cadmium, à l’arsenic…
Il peut être utile de suivre ce protocole pour limiter les dégâts.
- la supplémentation : pour atténuer les effets toxiques de tous ces métaux et stimuler les fonctions éliminatrices ;
- la chélation : pour évacuer les toxiques accumulés ;
- les soins dentaires : retrait des plombages si nécessaire et si cela est validé par un dentiste.
Si vous souhaitez connaitre davantage de solutions du quotidien pour protéger votre santé et celle de votre famille, vous devez absolument faire la connaissance d’Hélène Ferran, biologiste spécialiste des toxiques.
Ensemble, nous avons créé le tout premier programme mondial pour vous accompagner dans votre démarche quotidienne de détoxification.
Saviez-vous que vos anciens plombages pouvaient être aussi problématiques ?

