Peut-on apprivoiser la peur de la mort ? - Nouvelle Page Santé

Peut-on apprivoiser la peur de la mort ?

Il existe des questions que nous évitons le plus possible. Elles restent discrètes, tapies dans un coin de notre esprit, pendant que la vie suit son cours. Puis un jour, souvent avec l’âge ou après la disparition d’un proche, elles reviennent avec davantage d’insistance.

Parmi elles, il y a cette interrogation universelle : vais-je un jour cesser d’avoir peur de mourir ?

Notre société parle volontiers de longévité, de prévention, de santé ou de bien-être. Elle parle beaucoup moins de la mort. Pourtant, à mesure que les années passent, celle-ci cesse d’être une abstraction lointaine pour devenir une réalité plus concrète… et inévitable.

Faut-il en conclure que le vieillissement s’accompagne nécessairement d’une angoisse croissante ?

Étonnamment, les observations des psychologues, mais aussi les témoignages de nombreuses personnes âgées, racontent souvent une toute autre histoire.

Quand notre perception change

Une vaste étude a montré qu’un changement important s’opère souvent autour du milieu de la vie[1].

Aux alentours de 45 ans, notre rapport au vieillissement évolue.

Nous commençons progressivement à prendre conscience du temps qui passe et à apprendre à composer avec lui.

La représentation que nous avons de la vieillesse change avec l’âge.

Le jeune adulte redoute souvent tout ce qu’il pourrait perdre : sa beauté, ses capacités physiques, ses opportunités.

Mais à mesure que les années s’additionnent, la perception change.

On réalise que certaines craintes étaient exagérées et que chaque période de la vie possède ses richesses propres.

C’est comme redouter d’entrer dans une eau un peu fraîche : une fois qu’on y est, on trouve que finalement la température est plutôt agréable.

Avec les années, l’identité se construit davantage autour de ce que nous sommes réellement que de l’image que nous renvoyons aux autres.

Cette évolution psychologique apporte une forme de sérénité intérieure souvent méconnue, et pourtant si réconfortante.

Posez-vous cette simple question : à l’âge de vingt ans, quelle image aviez-vous des cinquantenaires et plus ?

Et à présent que vous avez atteint cet âge ?

Votre jugement est-il le même ?

Je pense sans trop prendre de risque que la réponse est « non ! ».

La peur de la mort est-elle vraiment une peur de la mort ?

Lorsque nous évoquons la peur de mourir, parlons-nous réellement de la mort elle-même ?

Pour beaucoup de personnes, l’angoisse concerne surtout ce qui pourrait précéder cette étape : la souffrance, la perte d’autonomie, la dépendance ou encore la solitude.

Les témoignages recueillis auprès de seniors montrent d’ailleurs que la peur de la mort est parfois moins présente que celle de la dégradation physique ou cognitive.

Certains redoutent davantage la maladie d’Alzheimer, la perte de mémoire ou le fait de devenir un poids pour leurs proches que la mort elle-même.

Cette distinction est importante.

Car si la mort représente une inconnue, la dépendance est une réalité concrète que beaucoup observent autour d’eux.

Voir ses parents vieillir, accompagner un conjoint malade ou perdre des amis confronte chacun à sa propre vulnérabilité.

Une société qui refuse de vieillir

Notre rapport à la mort est également influencé par la culture dans laquelle nous vivons.

Pendant des siècles, les êtres humains vivaient au contact de la maladie, du vieillissement et du décès. Aujourd’hui, les progrès de la médecine ont considérablement allongé l’espérance de vie. Cette avancée est évidemment une chance extraordinaire.

Mais elle a également créé une illusion subtile : celle que la mort pourrait être sans cesse repoussée.

Les messages publicitaires glorifient la jeunesse éternelle. Les rides deviennent des défauts à corriger. Le vieillissement est souvent présenté comme un problème plutôt que comme une étape naturelle de l’existence.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que beaucoup éprouvent des difficultés à accepter leur propre finitude.

Pourtant, lutter constamment contre le temps qui passe peut devenir épuisant, voire déstabilisant psychologiquement.

Certains psychologues estiment même que cette résistance nourrit davantage l’angoisse qu’elle ne la réduit.

Bien vivre avec l’idée de vieillir, en faire un atout plutôt qu’un handicap me semble personnellement plus viable que lutter avec un acharnement vain contre une évolution naturelle inéluctable.

Existe-t-il un âge où la peur disparaît ?

Je dirais qu’il existe un âge où la peur change de nature.

De nombreuses personnes âgées témoignent qu’à partir d’un certain moment, la mort cesse d’occuper le devant de la scène.

Cette évolution ressemble à une forme d’acceptation salutaire.

Les philosophes antiques l’avaient déjà observé. Les stoïciens invitaient à méditer sur la finitude non pour sombrer dans le pessimisme, mais pour apprécier davantage le présent.

Curieusement, plus nous acceptons l’idée que notre temps est limité, plus chaque journée prend de la valeur.

Certains seniors racontent même ressentir une forme de sérénité nouvelle. Ils ont traversé des épreuves, vu disparaître des proches, connu des joies et des déceptions.

Le regard se tourne alors vers ce qui demeure : l’amour donné, les souvenirs construits, la transmission aux générations suivantes.

Plongez-vous dans ces formidables témoignages pour mieux illustrer mon propos : https://fr.quora.com/Les-personnes-%C3%A2g%C3%A9es-ont-elles-moins-peur-de-la-mort

Beaucoup sont porteurs de sagesse.

Mon point de vue : cultiver la sérénité plutôt que l’immortalité

Dans une approche de santé naturelle, bien vieillir ne consiste pas seulement à préserver son corps.

Il s’agit également de prendre soin de son équilibre émotionnel, de nourrir ses liens sociaux, de maintenir sa curiosité et de conserver des projets.

Le sentiment d’utilité, les activités physiques adaptées, le contact avec la nature, les relations affectives de qualité et la stimulation intellectuelle contribuent fortement au bien-être de chacun et sans doute encore plus à celui des seniors.

Lorsque la vie reste riche de sens, la peur de la mort tend souvent à perdre une partie de son pouvoir.

Non parce qu’elle disparaît totalement, mais parce qu’elle cesse d’être le centre de nos préoccupations.

Alors, existe-t-il un moment où l’on n’a plus peur de mourir ?

Peut-être pas.

Mais il existe certainement un moment où l’on comprend que consacrer son énergie à craindre la fin nous empêche de vivre pleinement le présent.

La sagesse du vieillissement ne consiste pas à nier la mort. Elle consiste à lui faire une place raisonnable dans notre existence.

Ni obsession, ni déni.

Simplement la reconnaissance que notre temps est précieux précisément parce qu’il est limité.

Vieillir ne nous apprend pas seulement à mourir.

Il nous apprend surtout à vivre.

Votre témoignage sur ce sujet m’intéresse tout particulièrement, laissez-moi un commentaire.

Il sera utile à beaucoup de mes lecteurs !

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Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que les éditions Nouvelle Page pourront l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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