Infidélité et risques pour le cœur - Nouvelle Page Santé

Infidélité et risques pour le cœur

Présenté ainsi, le titre de cette lettre ressemble davantage à une morale sortie d’une fable de La Fontaine qu’à un sujet santé.

Pourtant, depuis plusieurs décennies, les cardiologues s’intéressent à une question aussi insolite que sérieuse : les hommes ayant des relations extraconjugales courent-ils davantage de risques de faire un infarctus ?

Messieurs, lisez bien ce qui suit avant de passer à l’acte, car comme le dit l’adage : « Il vaut mieux prévenir que guérir ! »

Il voulut être César, il ne fut que Pompée

Le sujet n’est pas nouveau.

De tout temps il a été constaté que l’acte sexuel peut provoquer un infarctus.

Les cas restent extrêmement rares, mais un détail attire l’attention : lorsqu’un accident cardiaque survient pendant l’acte, il se produit plus souvent dans le cadre d’une relation extra conjugale.

L’exemple le plus croustillant de l’histoire de France est sans aucun doute celui qui met en scène l’ancien président de la République Félix Faure (de 1895 à 1899) et sa maîtresse.

Officiellement, ce dernier succombe à un accident vasculaire cérébral à l’Élysée.

Officieusement, la rumeur veut que le malaise l’ait surpris en compagnie de sa maîtresse, Marguerite Steinheil, dans une situation particulièrement… compromettante.

De quoi inspirer une pluie de calembours, dont le plus célèbre reste celui de Georges Clemenceau : « Il voulut être César, il ne fut que Pompée. »

Je vous laisse apprécier le jeu de mots particulièrement savoureux.

La légende raconte même que Marguerite gagna le surnom peu flatteur de « Pompe funèbre ».

Vrai ou largement romancé, cet épisode est resté célèbre.

Les liaisons dangereuses

Faire l’amour constitue un effort physique modéré, comparable à monter rapidement deux ou trois étages à pied, chez la majorité des personnes en bonne santé.

Pour un cœur entraîné, cela ne représente généralement aucun problème.

En revanche, lorsqu’on ajoute plusieurs ingrédients supplémentaires propres à l’infidélité, le cocktail devient plus corsé :

  • une montée importante d’adrénaline ;
  • la peur d’être surpris ;
  • un environnement inhabituel ;
  • parfois une consommation d’alcool ou un repas copieux ;
  • une partenaire plus jeune, susceptible d’inciter à un effort physique plus intense.

Le système nerveux sympathique s’emballe alors. Le rythme cardiaque augmente, la tension artérielle grimpe et les besoins en oxygène du muscle cardiaque explosent.

Chez un homme dont le cœur est déjà fatigué, cette combinaison peut conduire au drame.

L’infarctus n’est donc pas provoqué par l’infidélité au sens moral du terme, mais par un contexte physiologique et psychologique particuliers.

Ce que disent réellement les études

Les recherches les plus solides montrent que les rapports sexuels peuvent effectivement agir comme facteur déclenchant d’un infarctus pendant une courte période suivant l’acte.

Le risque est environ multiplié par deux durant les deux heures qui suivent.

Cela peut sembler impressionnant, mais il faut replacer ce chiffre dans son contexte.

Le risque de départ étant extrêmement faible chez un homme en bonne santé, l’augmentation absolue reste minime.

Il augmente en revanche de manière significative chez les hommes infidèles[1].

Un rapport scientifique de l’Association américaine de cardiologie (American Heart Association) est particulièrement intéressant.

On peut y lire que, selon plusieurs études médico-légales, les décès cardiaques survenant pendant un rapport sexuel sont exceptionnellement rares (environ 0,6 % de morts subites) mais que parmi ces cas, autour de 75 % surviennent lors d’une relation extraconjugale.[2]

Faut-il en conclure pour autant que tromper son épouse bouche les artères ?

Évidemment non.

Les auteurs des études soulignent que les hommes concernés présentent souvent d’autres caractéristiques susceptibles d’influencer leur santé cardiovasculaire : difficultés relationnelles, stress chronique, personnalité impulsive, hygiène de vie défaillante.

Quand le secret fait travailler le cœur

Le facteur le plus déterminant en cas d’infidélité est probablement le stress.

Mentir demande de l’énergie mentale. Se souvenir de ce que l’on a raconté à chacun également.

Ajouter à cela les SMS qu’il faut effacer, les rendez-vous à organiser discrètement, les explications à improviser et la crainte permanente d’être découvert…

Le cerveau reste en état d’alerte.

Or nous savons aujourd’hui que le stress chronique favorise l’hypertension, augmente la production de cortisol, entretient l’inflammation et participe progressivement au développement des maladies cardiovasculaires.

Le cœur, lui, ne fait aucune différence entre un examen, un conflit professionnel ou la peur que le conjoint rentre plus tôt que prévu.

Pour lui, le stress reste… du stress.

Une bonne nouvelle pour les amoureux fidèles

Le contrepoint est particulièrement rassurant.

Depuis une trentaine d’années, les études montrent que la sexualité, vécue dans un contexte serein, constitue un facteur bénéfique pour la santé cardiovasculaire.

Chez les personnes ayant une activité sexuelle régulière, plusieurs travaux observent une meilleure qualité de vie, un niveau de stress plus faible et parfois même une diminution de certains facteurs de risque cardiovasculaire[3].

Pendant les rapports sexuels, l’organisme libère de nombreuses substances favorables au bien-être : endorphines, dopamine, ocytocine…

Ces médiateurs contribuent à diminuer le stress, améliorer le sommeil et renforcer les liens affectifs.

Le cœur apprécie !

Autrement dit, ce n’est pas la bagatelle qui fatigue le cœur.

C’est davantage la bagatelle qui met le couple en danger.

Une précision importante pour finir : chez les personnes ayant déjà souffert d’un infarctus, les cardiologues rappellent qu’il est généralement possible de reprendre une activité sexuelle après avis médical, une fois l’état cardiaque stabilisé.

Les bénéfices psychologiques et relationnels sont largement reconnus.

Alors, est-ce qu’il vaut mieux être fidèle ?

En matière de santé en tous cas, le cœur préfère manifestement la tranquillité aux montagnes russes émotionnelles.

Et si la fidélité ne garantit pas d’atteindre un âge canonique, une chose est certaine : l’hygiène de vie reste la meilleure garante d’une santé de fer !

Que vous inspire cette lettre ?

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Sources :

Merci de ne poser aucune question d’ordre médical, auxquelles nous ne serions pas habilités à répondre.

En soumettant mon commentaire, je reconnais avoir connaissance du fait que les éditions Nouvelle Page pourront l’utiliser à des fins commerciales et l’accepte expressément.

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