Un jour, le miroir ne renvoie plus exactement le même visage. La peau semble moins tendue, l’ovale s’affaisse, des plis apparaissent sous le menton et le cou pendouille.
Ce fameux « cou de dindon » est l’un des signes les plus visibles du vieillissement.
Mais pourquoi la peau finit-elle par pendre ainsi ? Et surtout, peut-on agir naturellement sur ce phénomène ?
Le yoga du visage, avec le travail des muscles et des fascias, pourraient avoir davantage d’intérêt qu’on ne l’imagine.
Le jour où le visage commence à s’affaisser
Nous avons tendance à considérer le vieillissement du visage comme un simple problème de peau.
C’est pourtant beaucoup plus complexe.
Avec les années, le derme s’amincit, le collagène et l’élastine ne sont plus produites avec autant d’efficacité.
C’est l’une des raisons pour lesquelles une peau jeune revient rapidement à sa position lorsqu’on la pince légèrement, alors qu’une peau plus âgée conserve davantage l’empreinte de la déformation.
Mais ce n’est pas tout : la graisse sous-cutanée s’accumule par endroit, les muscles s’affaiblissent et les structures profondes qui soutiennent le visage changent elles aussi.
Le phénomène devient généralement plus perceptible à partir de la quarantaine et s’accélère souvent après la ménopause chez la femme, en raison notamment de la diminution des œstrogènes.
Mais l’âge chronologique n’est qu’une partie de l’équation.
L’exposition solaire, le tabac, les variations importantes de poids, le stress oxydatif, la qualité du sommeil et certains facteurs génétiques participent également au vieillissement cutané.
Le fameux « cou de dindon »
L’expression est peu flatteuse, mais elle décrit assez bien ce que l’on observe : une peau devenue plus fine et moins tendue, des plis verticaux ou horizontaux, et un affaissement des tissus sous-mentonniers.
Pourquoi le cou est-il particulièrement concerné ?
D’abord parce que la peau y est relativement fine et continuellement sollicitée par les mouvements de la tête. La graisse peut se redistribuer, les volumes du visage changer et les muscles peuvent perdre de leur volume ou être moins toniques.
Il faut également compter avec le platysma, un muscle superficiel très large qui s’étend de la partie inférieure du visage et de la mandibule vers le cou et le haut du thorax.
Avec le temps, ce muscle peut perdre de sa tonicité. Chez certaines personnes, ses bords deviennent particulièrement visibles sous la forme de cordons verticaux.
Ce « cou de dindon » n’est pas une fatalité et nous ne sommes pas tous égaux face à ce phénomène.
En revanche, nous pouvons tous nous en prémunir en agissant le plus tôt possible.
Pourquoi le yoga du visage fonctionne ?
Imaginez un drap posé sur un coussin.
Si le coussin change de volume, si sa structure interne se modifie et si ses points de fixation se déplacent, le drap va naturellement faire des plis.
C’est la même chose avec les fascias.
Ils constituent un vaste réseau de tissus conjonctifs qui enveloppe, sépare et relie les muscles, les organes et différentes structures du corps.
La bonne nouvelle est qu’en travaillant sur ces fascias, on peut restructurer en profondeur notre visage, ce qui permet de redonner à la peau du cou toute sa tonicité.
Soyons précis : le yoga du visage ne peut pas arrêter le vieillissement et il ne va pas transformer un visage âgé en visage de vingt ans.
En revanche, il est très certainement bien plus efficace que toutes les crèmes que vous pouvez utiliser[1],[2] et qui vous coûtent la peau d’une autre partie de votre anatomie que la décence m’empêche de nommer.
Le mécanisme le plus réactif est celui des muscles.
Le visage possède plusieurs dizaines de muscles impliqués dans les expressions, la mastication, la parole et la déglutition. Certains sont superficiels et directement liés aux mouvements de la peau.
L’objectif du yoga du visage est moins de « muscler à tout prix » que de rééduquer le mouvement, c’est à dire, mobiliser certaines zones et travailler de façon équilibrée les muscles du visage et du cou.
C’est particulièrement intéressant lorsque l’on prend conscience d’habitudes quotidiennes.
Mâchoire constamment serrée, front contracté, sourcils froncés, lèvres pincées, posture de tête projetée vers l’avant : nous pouvons passer des milliers d’heures à répéter les mêmes tensions sans même nous en apercevoir.
Modifier ces automatismes peut changer l’expression générale du visage de façon assez spectaculaire.
Le vieillissement est inévitable.
Le relâchement du visage et du cou aussi, jusqu’à un certain point.
Mais entre « ne rien faire » et chercher à effacer chaque signe du temps, il existe une troisième voie : faire de la prévention, préserver la mobilité et la tonicité des tissus et apprendre à prendre soin de son visage autrement à mesure que le temps passe.

