Le soleil brille, il fait chaud, vous avez la gorge sèche… Vous attrapez une petite canette bien froide et vous l’ouvrez avec ce bruit caractéristique « pshht ».
Le liquide pétillant et sucré coule dans votre gorge, c’est si agréable…
Mais savez-vous ce qu’il se passe réellement dans votre corps lorsque vous buvez un soda ?
Boire du sucre ? Mais qui a bien pu avoir cette idée ?
Tout d’abord, sachez qu’un aliment solide et une boisson sucrée ne se comportent pas du tout de la même manière.
Lorsque nous mangeons un fruit entier, par exemple, les fibres participent à ralentir la digestion et l’absorption des sucres. La mastication contribue également à la sensation de satiété.
Avec un soda ultra-sucré comme le coca, tous ces bénéfices n’existent plus.
C’est l’un des grands paradoxes des boissons sucrées : elles peuvent apporter beaucoup de calories sans la sensation de satiété qui est généralement associée.
Une canette classique de 330 ml apporte ainsi autour de 35 g de sucre, soit l’équivalent de 7 morceaux de sucre, qui se retrouvent rapidement en circulation.
Résultat : après une vingtaine de minutes seulement, le taux de sucre sanguin augmente brutalement.
Le pancréas se met alors à sécréter de l’insuline en quantité afin de transformer l’énorme afflux de sucre dans le sang en graisse.
C’est une mesure d’urgence !
En effet, l’organisme peut stocker la graisse sans que cela soit un problème immédiat, tandis que le glucose est pour lui un poison mortel lorsqu’il est présent à une concentration très élevée dans le sang.
Boire une boisson excessivement sucrée comme un coca est une agression pour le corps, il faut bien en avoir conscience.
Cinq minutes de plaisir… pour une heure de souffrance ?
Trois quarts d’heure après avoir bu un coca, le corps se met à produire plus de dopamine, vous savez, ce neurotransmetteur impliqué dans les circuits de la récompense.
L’illusion est parfaite : vous vous sentez bien, vous avez pris plaisir à boire cette boisson tellement rafraîchissante et savoureuse, alors, pourquoi s’en priver et ne pas renouveler l’expérience plus souvent ?
Ce message trompeur est strictement le même que lors d’une prise d’héroïne ou de cocaïne.
Plusieurs équipes de chercheurs ont mis en avant le fait que le sucre pouvait à juste titre être comparé à une drogue[1].
Sur les rats, le sucre et les récompenses sucrées peuvent non seulement se substituer aux drogues addictives, comme la cocaïne, mais peuvent même être plus gratifiantes et attrayantes.
Les chercheurs ont aussi montré que les boissons sucrées créent une dépendance, notamment chez les adolescents.
Soumis à une période d’abstinence, les adolescents ont rapporté plusieurs symptômes spécifiques de sevrage : des maux de tête, des envies plus nombreuses de fumer, une diminution de la motivation à travailler, un manque de satisfaction et de capacité de concentration, de fortes envies de boissons sucrées et une baisse du bien-être général…
Environ une heure après ce shot de plaisir, le revers de la médaille commence à se faire sentir sans que l’on fasse véritablement le lien avec la canette vidée précédemment.
Le niveau d’énergie, aussi bien physique que mental, s’effondre.
Le violent pic d’insuline mène invariablement à l’hypoglycémie…
Des effets collatéraux pas vraiment sympathiques
Pendant longtemps, les discussions sur les sodas se sont essentiellement concentrées sur les caries et le surpoids.
Pour les dents, le problème est double : en plus du sucre, les sodas sont acides, ce qui favorise l’érosion de l’émail.
Mais le coca, et plus généralement les boissons gazeuses, peuvent poser un autre problème chez les personnes sensibles : celui du reflux gastro-œsophagien.
Le gaz carbonique peut provoquer une distension de l’estomac et modifier temporairement le fonctionnement du sphincter inférieur de l’œsophage, la petite valve qui empêche normalement le contenu gastrique de remonter.
Chez certaines personnes, notamment celles qui souffrent déjà de reflux, les sodas peuvent donc favoriser ou accentuer les symptômes.
Au-delà de ces effets collatéraux, généralement bien connus, la recherche s’est progressivement intéressée aux conséquences plus surprenantes de la consommation de sodas, et en particulier à ses effets sur la santé cardiovasculaire[2].
Cela ne signifie pas qu’un soda déclenche directement un infarctus, mais qu’une consommation importante et régulière peut s’inscrire dans un ensemble de facteurs qui, au fil des années, augmentent le risque cardiovasculaire (prise de poids, obésité abdominale, perturbations métaboliques et parfois élévation de la pression artérielle).
La seule boisson essentielle : l’eau !
Lorsqu’on a pris l’habitude de boire des sodas, du café, du thé ou, pire encore, de l’alcool, l’eau peut finir par nous sembler terriblement banale. On lui reproche son absence de goût, comme si notre palais avait besoin en permanence d’un petit quelque chose en plus.
Mais il existe une manière très simple de redécouvrir l’eau : avoir vraiment soif.
Je me souviens d’une randonnée particulièrement éprouvante en plein été. Nous avions sous-estimé la chaleur et marché plusieurs heures avec nos réserves d’eau presque épuisées. À l’arrivée, nous avons trouvé un petit café de village.
À côté des tables, il y avait un robinet.
Nous nous sommes précipités dessus. Pas de soda, pas de bière, pas de café : simplement de l’eau.
Elle était fraîche, et ce fut probablement la meilleure boisson que j’aie jamais goûtée.
Je me suis surpris à penser que cette eau, qui aurait paru parfaitement ordinaire quelques heures auparavant, était devenue la meilleure boisson du monde.
C’est peut-être là que se trouve une petite leçon.
Nous pensons parfois ne plus aimer l’eau parce que nous avons oublié à quel point elle est essentielle pour étancher notre soif.
Les boissons sucrées et aromatisées donnent au palais une stimulation ; l’eau, elle, ne cherche pas à séduire. Elle répond simplement au besoin.
Et lorsque la soif est réelle, elle n’a besoin d’aucun artifice.
Retrouver le goût de l’eau ne consiste donc pas forcément à se forcer à boire davantage. C’est aussi retrouver un peu de mouvement, d’activité physique, et laisser parfois le corps exprimer à nouveau sa véritable soif.
Après l’effort, l’eau n’est plus fade. Elle devient une récompense.
Quelques recettes maison
Si vraiment l’eau seule vous rebute, je vous confie quelques recettes aromatisées pour vous hydrater sainement.
À la maison mes enfants en raffolent !
Melon, menthe et pastèque : la boisson de l’été par excellence
Le melon et la pastèque contiennent naturellement plus de 90 % d’eau, ils sont assez peu sucrés et leur association est à la fois savoureuse et rafraîchissante.
Dans 1 litre d’eau de source fraîche peu minéralisée, déposez :
- une belle tranche de pastèque coupée en cubes (environ 150 g)
- quelques cubes de melon (environ 100 g)
- quelques feuilles de menthe froissées pour bien libérer les arômes.
Laissez reposer au frais pendant une heure au minimum. Je vous conseille de boire la carafe dans la journée pour bien profiter de la saveur des fruits, car sans conservateurs, ces derniers s’oxydent rapidement.
Choisissez des fruits bio de préférence et lavez-les soigneusement avant de les plonger dans l’eau, surtout si vous gardez la peau.
Vous pouvez bien entendu décliner cette recette à l’infini selon vos goûts.
Mes duos préférés ? gingembre / orange, thé vert / pêche, fraise / citron (pour une touche acidulée), concombre / basilic.
À vous de jouer et de vous faire plaisir !
Avez-vous délaissé l’eau pour des boissons moins essentielles ?
Êtes-vous dépendant au coca ou aux boissons sucrées ?

