Bien que présentes en très faibles quantités dans l’organisme, les oligo-éléments sont d’une importance capitale pour notre santé.
Il y a une cinquantaine d’années, tout médecin de famille digne de ce nom les connaissait et les prescrivait.
Ce savoir a aujourd’hui disparu car l’oligothérapie n’est plus enseignée en fac de médecine. Trouver un bon oligothérapeute est donc devenu une gageure.
Je voudrais ici remettre à l’honneur cette discipline.
Les oligoéléments : des acteurs invisibles mais indispensables
L’oligothérapie fait partie de ces disciplines discrètes reposant sur une idée simple : de très petites quantités d’éléments minéraux peuvent avoir un impact majeur sur l’équilibre global de notre organisme.
À la croisée de la biologie, de la nutrition et de la médecine intégrative, elle propose une vision globale de la santé, centrée sur l’individu plutôt que sur la maladie.
Les oligoéléments interviennent comme catalyseurs enzymatiques, c’est-à-dire qu’ils permettent d’activer et de réguler de nombreuses réactions biochimiques indispensables à la vie : digestion, production d’énergie, fonctionnement du système immunitaire, équilibre nerveux…
Autant dire qu’en cas de carence… c’est la catastrophe !
Tous nos mécanismes biologiques ralentissent, se dérèglent, ou deviennent inefficaces[1],[2].
La carence en iode par exemple est assez courante et provoque l’hypothyroïdie.
La carence en fer, fréquente elle aussi, entraîne l’anémie.
Attention aussi à la carence en zinc et en cuivre qui déséquilibre nos défenses immunitaires.
L’alimentation joue un rôle central pour éviter ces déficits, mais l’oligothérapie s’avère souvent indispensable pour retrouver ou maintenir l’équilibre.
Aux origines de l’oligothérapie
Si l’usage thérapeutique des oligoéléments semble aujourd’hui relativement répandu, il est en réalité assez récent.
Au début du XXe siècle, le chimiste Gabriel Bertrand met en évidence le rôle fondamental des biocatalyseurs dans les organismes vivants. Il introduit le terme « oligoélément », ouvrant ainsi la voie à une nouvelle compréhension du vivant.
Quelques années plus tard, dans les années 1930, le Dr Jacques Ménétrier développe une véritable méthode thérapeutique basée sur ces éléments.

Son approche marque une rupture avec la médecine de son temps : il ne s’agit plus seulement de traiter une maladie, mais de comprendre le terrain biologique du patient.
Voilà qui nous parle !
Contrairement à la médecine allopathique, qui cible principalement les symptômes, l’oligothérapie selon Ménétrier cherche à agir en profondeur.
Elle repose sur une idée centrale : la maladie n’est pas seulement un phénomène isolé, mais l’expression d’un déséquilibre global de l’organisme.
Ainsi, l’objectif n’est pas uniquement de soulager un trouble, mais de rééquilibrer le terrain afin de restaurer un fonctionnement harmonieux.
Les diathèses : comprendre son terrain biologique
L’un des apports majeurs du Dr Ménétrier est la classification des individus selon leur terrain biologique, qu’il appelle « diathèses »[3].
Cette classification repose sur plusieurs critères :
- hérédité
- sensibilité aux maladies
- comportement physique et psychologique
- type de troubles rencontrés
Chaque diathèse correspond à un fonctionnement biologique dominant et à un ou plusieurs oligo-éléments régulateurs.
On distingue quatre grands profils, auxquels s’ajoute un état particulier appelé syndrome de désadaptation.
1. La diathèse allergique (manganèse)
Profil dynamique, souvent optimiste et réactif, mais sujet aux manifestations allergiques. Des troubles de type hyperthyroïdie, tachycardie, hypertension, palpitations y sont également décrits ainsi qu’une sensibilité du système digestif, surtout intestinal. Les femmes appartenant à cette diathèse seraient plus concernées par les cycles à tendance hémorragiques et/ou douloureux.
Troubles fréquents :
- allergies (respiratoires, alimentaires)
- eczéma
- migraines
Le manganèse agit ici comme régulateur du terrain allergique.
2. La diathèse hyposthénique (manganèse-cuivre)
Individus calmes mais sujets à la fatigue. Les personnes appartenant à cette diathèse sont plutôt en forme le matin, la fatigue arrive le soir. Ici la tendance sera plutôt à l’hypothyroïdie, toutes les réactions étant marquées par une certaine lenteur.
Troubles fréquents :
- infections ORL à répétition
- fatigue physique et mentale
- anémie
L’association manganèse-cuivre leur convient parfaitement. Le complexe-cuivre-or argent peut également s’avérer fort utile.
3. La diathèse dystonique (manganèse-cobalt)
Cela correspond à une phase de transition vers le vieillissement fonctionnel, l’hygiène de vie et le contexte émotionnel étant déterminants. Elle montre le bout de son nez généralement après un surmenage prolongé ou une situation émotionnelle perturbante et finit par s’installer durablement. La diathèse 3 est caractérisée par des troubles émotifs, comme l’angoisse, l’insomnie, l’hyper émotivité, les troubles de concentration et de mémoire, des troubles de la circulation veineuse, crampes, syndrome de Raynaud, hypertension, troubles digestifs et intestinaux. Elle est souvent associée à la fibromyalgie.
Si vous vous sentez concerné, le complexe manganèse-cobalt est pour vous.
4. La diathèse asthénique (cuivre-or-argent)
Terrain marqué par une grande fatigue et une baisse de vitalité. C’est une diathèse qui peut se manifester de façon ponctuelle pendant la convalescence, ou devenir chronique. Les infections graves et/ou chroniques sont caractéristiques de cette diathèse, ainsi que tous les processus inflammatoires importants.
5. Le syndrome de désadaptation
Il ne s’agit pas d’une diathèse à part entière, mais d’un état de déséquilibre lié à une agression ponctuelle (stress, infection, choc émotionnel…).
Deux associations principales sont utilisées :
- Zinc-cuivre : régulation hormonale et génitale
- Zinc-nickel-cobalt : troubles métaboliques, notamment liés à la glycémie
L’oligothérapie en pratique
Si vous souhaitez vous complémenter, sachez que les oligo-éléments existent sous plusieurs formes :
- ampoules buvables
- comprimés sublinguaux
- solutions liquides
La voie la plus courante est sublinguale (sous la langue), permettant une absorption rapide.
Le meilleur moment pour prendre les oligoéléments est le matin à jeun.
Les doses ne varient pas, quels que soit l’âge ou le poids du malade, en revanche, la fréquence des prises et la durée du traitement sont variables.
Dans les cas les plus courants, une cure d’un mois peut suffire à retrouver l’équilibre.
Dans les cas où la carence est bien installée, un traitement prolongé de plusieurs semaines, ou mois, peut s’avérer nécessaire.
Référez-vous toujours aux recommandations du fabriquant pour la posologie et la durée et si vous avez le moindre doute demandez conseil à votre pharmacien ou votre médecin.
L’oligothérapie nous rappelle une évidence souvent oubliée : la santé repose sur un équilibre subtil.
En agissant en profondeur sur le terrain biologique, elle propose une approche respectueuse du fonctionnement naturel du corps.

